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Le blog "langue-bretonne.org"
29 août 2014

Comment dit-on "pitch dating" en breton ?

Vue salle-1

Il n'est pas si facile de dénicher l'exact équivalent français de cette expression typiquement anglaise : les dictionnaires en ligne comme Reverso ne la mentionnent même pas. En fait, elle n'est sans doute connue que dans le monde de la fiction ou du cinéma : le festival Court-Métrange a déjà organisé deux événements de pitch dating à Rennes les années passées et il en prévoit un autre le 14 octobre prochain au Ciné TNB concernant des court-métrages insolites ou fantastiques.

La langue bretonne vient à son tour d'adopter le concept (sans plus le traduire que le français) : le premier pitch dating concernant le film de fiction en breton vient d'avoir lieu dans le cadre du festival de Douarnenez, mercredi dernier, et il a réuni une cinquantaine de participants.

Le terme "pitch" est un anglicisme désignant le bref résumé d'un scénario de film : difficile de faire plus court pour en dire aussi long, et il n'est donc pas surprenant que l'emprunt se soit imposé en français. Le pitch dating est dès lors une rencontre d'une durée strictement limitée dans le temps entre professionnels, d'une part des réalisateurs porteurs de projets et d'autre part des producteurs ou des diffuseurs susceptibles de les retenir. À Douarnenez, les premiers disposaient de 5 minutes chrono pour décrire leur projet, et d'autant pour répondre aux questions qui leur étaient posées.

Stéphane Ac'h-1      Kenan an Habask-1     Gérard Gwenn-2   Fanny Chauffin-1

En photo, de gauche à droite, quatre porteurs de projet : Stéphane Ac'h, Kenan an Habask, Gérard Gwenn, Fanny Chauffin.

Cette première expérience n'était pas sans intérêt, puisque ce ne sont pas moins de dix projets de fiction en langue bretonne qui ont été défendus au cours de l'après-midi. Ceux qui les ont présentés avaient des profils très divers : auteurs de romans ou de nouvelles en français ou en breton désireux de transposer leur création littéraire à l'écran, enseigants impliqués dans des projets vidéos, créateurs, documentaristes ou journalistes, comédiens… Ils ont connu ou connaissent des expériences professionnelles multiples et diverses. Si la plupart ne songent qu'au court, quelques-uns visent carrément le long-métrage. Chose étonnante : tous ne sont pas bretonnants.

Face à eux, trois diffuseurs : Brezhoweb, France 3 Bretagne, et le consortium des télés locales de Bretagne. Et près d'une dizaine de sociétés de production, basées à Brest, Rennes, Carhaix et même Marseille. Parmi ces dernières, Tita Productions – c'est elle la marseillaise – vient de produire le premier court-métrage d'Avel Corre, "An dianav a rog ac'hanon" (L'inconnu me dévore), présenté en avant-première dans le cadre du Festival.

L'échange n'a pas été si intense entre les uns et les autres. Cela tient sans doute au fait que les porteurs de projet, dont plusieurs ont suivi des stages d'écriture avec Stumdi, Le Groupe Ouest et d'autres partenaires, se sont généralement contentés d'exposer dans le temps imparti l'histoire qu'ils aimeraient bien mettre à l'écran, sans plus. Ils ont exprimé un rêve de film, en y mettant de la conviction et une intensité variables. Mais le synopsis n'est pas toujours abouti, le scénario n'est pas finalisé, les dialogues ne sont pas encore écrits… De surcroît, les candidats paraissaient ne pas connaître les conditions de production ni les contraintes d'un tournage. La plupart ont sans doute été déçus de n'avoir pu nouer réellement de contact avec un producteur.

Festival Douarnenez catalogue b

Ça bouge, mais…

Ce pitch dating se voulait un appel à projets pour des fictions en langue bretonne. Il fait suite au tournage il y a quelques mois de "Lann Vraz", le premier long-métrage en breton, par Soazig Daniellou. Trois ou quatre courts-métrages de fiction en breton ont été projetés cette année dans le cadre du Festival de Douarnenez, ce qui n'est pas rien. Toutes ces initiatives témoignent d'un  nouvel état d'esprit et d'une envie de ne pas tourner que du documentaire - voire du film d'animation - en langue bretonne. Ça bouge, donc, mais on n'y est pas encore tout à fait.

Reste une question : pourquoi n'a-t-on pour ainsi dire parlé que le français au cours de ce pitch dating ? Un seul porteur de projet, d'ailleurs absent, s'est exprimé en breton par le biais d'une vidéo sous-titrée et pré-enregistrée. N'aurait-il pas été logique que tous aient été invités à le faire ? Ç'aurait été une autre manière de tester l'implication de chacun par rapport au film [en breton] qu'il voudrait tourner.

Maintenant que le festival de Douarnenez "réfléchit", selon le mot de Gérard Alle dans le catalogue, au moyen de faire que la présence du breton n'y soit pas que "symbolique", faut-il s'attendre à d'autres initiatives ? Déjà, une palabre en langue bretonne a eu lieu tous les matins avec Rahung Nasution, un réalisateur indonésien, avec traduction immédiate de l'anglais en breton et vice-versa.

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Le blog "langue-bretonne.org"
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Votre blog est impressionnant autant sur le fond que sur la forme. Chapeau bas !
Un correspondant occitan, février 2020.

Trugarez deoc'h evit ho plog dedennus-kaer. [Merci pour votre blog fort intéressant].
Studier e Roazhon ha kelenner brezhoneg ivez. Miz gouere 2020. [Étudiant à Rennes et enseignant de breton. Juillet 2020].

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