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Le blog "langue-bretonne.org"
14 mars 2013

Pas de réforme constitutionnelle pour les langues régionales

Le retrait du projet d'insertion dans la Constitution d'une clause relative aux langues régionales est frustrant, contrariant et risque d'être contraignant à terme.

  • Il est frustrant, car on ne connaît pas le contenu du texte qui aurait pu être soumis à révision constitutionnelle, ni a fortiori le contenu de l'avis émis par le Conseil d'État.
  • Il est contrariant parce qu'il s'agit maintenant de savoir de quelle manière pourrait être tenue la promesse faite par François Hollande lors de la dernière élection présidentielle, et qu'il avait eu l'occasion de réitérer depuis qu'il est devenu Président de la République.
  • Il pourrait être contraignant enfin, dans la mesure où l'on ne voit pas bien pour l'instant comment pourrait être ratifiée la Charte européenne des langues régionales, ni même comment pourrait être adopté un nouveau cadre législatif définissant le statut des langues de France.

Il appartient dès lors au Président de la République et au gouvernement de Jean-Marc Ayrault de formuler de nouvelles propositions pour surmonter l'obstacle avancé par le Conseil d'État. Il appartient à la représentation nationale de s'investir encore plus fortement pour qu'un statut des langues de France puisse enfin être promulgué. C'est la condition nécessaire pour toute évolution significative des politiques publiques à l'égard de ces langues.

Autres réactions

Tébéo a diffusé ce jeudi soir dans son journal un reportage de Julie Sicot sur cette actualité. J'ai répondu aux questions de Sophie Le Croizier. Tangi Louarn, le président de Kevre Breizh, a expliqué pour sa part qu'en l'état actuel de la législation, on ne peut pas imposer à tous un enseignement des langues régionales, ne serait-ce qu'une simple initiation.

  • Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère et président de la Commission des lois (PS) se disait "interrogatif" dès ce matin dans nos quotidiens régionaux, mais il n'abandonne pas son objectif : "si on me dit qu'il peut y avoir un blocage constitutionnel, je réponds que c'est bien pour cela que je veux changer la Constitution, sinon on tourne en rond".
  • Paul Molac, député du Morbihan (UDB), a fait part de sa déception et déploré "le recul" du Président de la République. Il aurait fallu, dit-il "mettre la droite devant ses responsabilités."
  • À droite, Marc Le Fur, député des Côtes d'Armor (UMP), estime pour sa part que F. Hollande cherchait manifestement "un prétexte pour ne rien faire." Il demande à la nouvelle majorité en place depuis un an "de faire son travail".

Peut-il y avoir au Parlement une majorité politique, éventuellement transversale, pour faire avancer le dossier si sensible des langues régionales, y compris sur le plan constitutionnel ? Là est toute la question. 

Commentaires
A
Je considere que la FRANCE n'a jamais eu la moindre intention depuis 40 ans et plus,de signer quoique ce soit au profit de nos langues.Beaucoup de nos compatriotes BRETONS se sont laissés bercer par le chant "envoutant"des sirenes,beaucoup croyaient tantot a la gauche,tantot a la droite,résultat?que des désillusions.Sommes-nous naifs a ce point?Maintenant la question est réglée,du moins les politiques le croient.Car il est temps aujourd'hui pour les citoyens que nous sommes,d'imposer a l'état français une révision de la constitution,pour qu'enfin nous puissions vivre notre langue en BRETAGNE.Devons nous etre les mendiants de cette "république"?non,c'est un droit,et quand on se réclame la patrie des droits de l'homme;on veille au bien-etre de ses citoyens,sans provoquer des antagonismes qui peuvent etre dangereux pour une démocratie.
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J
Se recentrer<br /> <br /> Ainsi, Mr Tangi Louarn et ses mandants ( ses mandants sans exception ? ) voudraient imposer un enseignement obligatoire des langues de Bretagne ! Celà a le mérite de la franchise au contraire de la proposition de loi portée un moment par les députés Urvoas et Le Fur : la dite proposition tournait habilement la chose en "non-obligatoire" ce qui est bien différent de "facultatif". Totalitarisme régional en marche ...<br /> <br /> La non-adoption de la Charte européenne est probablement une bonne chose pour se recentrer sur les vrais problèmes de la langue bretonne et d'utilisation de l'argent public. Y-a-t-il une Sécurité Sociale concevable pour les langues grandes ou petites ? Survie du breton à quel niveau de langue parlée par la majorité des locuteurs? etc ...(longue liste de questions de bon sens).<br /> <br /> Probablement aussi, un contrat Collectivité nationale (i.e. Etat)-Région permettrait de bien positionner un programme raisonné sans ouvrir la porte à des revendications irréalistes relevant d'un djihad encouragé par les préoccupations électoralistes de trop d'élus.<br /> <br /> JLP
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Le blog "langue-bretonne.org"
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Votre blog est impressionnant autant sur le fond que sur la forme. Chapeau bas !
Un correspondant occitan, février 2020.

Trugarez deoc'h evit ho plog dedennus-kaer. [Merci pour votre blog fort intéressant].
Studier e Roazhon ha kelenner brezhoneg ivez. Miz gouere 2020. [Étudiant à Rennes et enseignant de breton. Juillet 2020].

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