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Le blog "langue-bretonne.org"
17 décembre 2021

Gaby Bourlès, la compétence et l'empathie d’un journaliste

Bourlès Gaby-1

Nombreux sont ceux qui se souviennent d’avoir vu son nom au générique des reportages diffusés dans le journal en langue bretonne An Taol-lagad ou dans ceux de France 3 Iroise et de France 3 Bretagne. Gaby Bourlès, qui vient de nous quitter, a été un grand professionnel de la télévision régionale, je dirais même de la télévision tout court. 

C’était quelqu’un de chaleureux, sociable, affable. Il avait le sens du contact avec tous ceux qu’il rencontrait dans le cadre de son travail. Travailleur, méticuleux, attentif aux autres, il avait aussi le souci de son matériel et de sa caméra en particulier. Après avoir été reçu au concours d’entrée à l’ORTF, il avait été affecté à ce qui allait devenir la SFP pour l’enregistrement de toutes sortes de programmes dans les studios d’Issy-les-Moulineaux, mais aussi à l’extérieur à bord de cars vidéo, un peu partout en France et à l’étranger. 

Quand il arrive à Brest en 1983 après une halte de deux ans au Mans, c’est pour intégrer l’équipe du journal en breton An-taol-lagad qui venait d’être créé. Il est d’abord preneur de son, avant de devenir journaliste reporteur d’images (JRI), ce qu’il sera jusqu’à son départ à la retraite en 2003. 

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Ci-dessus : Gaby Bourlès à bord de la Fée de l'Aulne et du Charles de Gaulle.

En 1992, il a vécu le lancement du journal de France Iroise à l’occasion des premières grandes fêtes maritimes. À Brest, son travail différait de ce qu’il avait connu à Issy-Les-Moulineaux, puisqu’il fonctionnait désormais au sein d’équipes légères chargées de suivre toute l’actualité du Finistère et au-delà. Gaby s’adapte très bien à ce nouveau métier et s’implique. Tous ceux et toutes celles qui ont l’occasion de le côtoyer ou de le croiser vous diront qu’il était consciencieux, précis, toujours à l’écoute, disponible quand il le fallait pour couvrir des imprévus tard le soir ou le week-end.

Ce qui était épatant, c’est qu’il avait le sens de l’image et une bonne compréhension des sujets. Il avait en outre une excellente connaissance du monde maritime, dans le Cap-Sizun comme en pays bigouden et au-delà. C’est ainsi qu’ont pu se tourner des reportages sur la pêche au thon blanc, sur les lancements de bateaux à Pont-L’Abbé ou à Douarnenez, ou le portrait d’un pilote de remorqueur à Saint-Nazaire.

Gaby avait aussi une très bonne compréhension du breton parlé, ce qui lui permettait d’être réactif en cours d’interview et de placer volontiers quelques expressions bretonnes bien senties dans la conversation. Il nous a souvent aidés à découvrir des bretonnants de ses connaissances ici ou là. Il a tourné des dizaines, que dis-je ? Des centaines de reportages en breton, mais aussi en français bien évidemment, qui sont aujourd’hui archivés à l’INA-Atlantique à Rennes.

À titre personnel, j’ajouterai qu’il avait une connaissance intuitive du Cap Sizun. Il m’avait fait connaître le quartier de Sainr-Dreyer où il était né, le port de Poulgoazec tout comme le site paléolithique de Menez Dregan. Comme il s’intéressait à l’histoire locale, il m’avait signalé également un livre passionnant qu’il avait découvert chez un bouquiniste sur un poète peu connu de la Renaissance du nom de Jucquel Rougeart, né en 1556 au manoir de Loquéran, en Plouhinec et qui a fait partie de la génération des jeunes auteurs bretons du XVIe siècle qui ont voulu illustrer eux aussi la langue française.

De Gaby Bourlès, je garderai le souvenir d’un journaliste d’une rare compétence et d’une amitié au long cours. Ses obsèques ont été célébrées en l’église Saint-Joseph, à Audierne, le 22 novembre 2021. Muriel Le Morvan, journaliste bilingue à France 3 Iroise, a souligné combien il avait été une référence pour les jeunes journalistes de la station. Comme les chargés de la cérémonie n’ont pas voulu qu’on y chante ne serait-ce qu’un cantique en breton, elle a interprété d’une voix claire un chant profane bien connu, "Me zo ganet e kreiz ar mor" [Je suis né au milieu de la mer], du poète groisillon Yann-Ber Calloc'h.

Gaby, bet oh c'hwi eur paotr mad hag eun den a galon. Kenavo.

Merci à Jean-Marc de m'avoir transmis les photos ci-dessus. DR

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Votre blog est impressionnant autant sur le fond que sur la forme. Chapeau bas !
Un correspondant occitan, février 2020.

Trugarez deoc'h evit ho plog dedennus-kaer. [Merci pour votre blog fort intéressant].
Studier e Roazhon ha kelenner brezhoneg ivez. Miz gouere 2020. [Étudiant à Rennes et enseignant de breton. Juillet 2020].

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