nevezamzer0921Armor
Le numéro de mai de "Armor, le magazine de la Bretagne au présent" vient de paraître. A noter qu'il comporte apparemment un tout petit plus de chroniques en breton que d'habitude. Mais le breton, c'est culturel : il s'agit uniquement de compte-rendus de publications récentes.
Le même magazine fait une brève recension de mon livre "Parler breton au XXIe siècle" et observe qu'il "aborde le problème sous tous ses aspects, avec une honnêteté qu'il faut souligner". Se reporter à la revue de presse sur le site.
Toujours dans "Armor", un papier de Marc Sochard sur "langue bretonne et audio-visuel", soulignant qu'il manque des professionnels bretonnants dans ce secteur : il faudrait "provoquer un électrochoc et montrer aux bretonnants qu'il n'y a pas que l'enseignement comme débouché de l'apprentissage du breton". Le problème est qu'il n'y a pas non plus assez d'enseignants de breton, au point que la Région Bretagne vient de mettre en place un système de bourses pour encourager les étudiants bretonnants à s'orienter vers les métiers de l'enseignement. J'ai l'impression que la demande est désormais supérieure à l'offre. La coupure inter-générationnelle est telle qu'existent, à mon avis, des risques réels de rupture.
Ceci étant, l'article de M. Sochard comporte des inexactitudes. La Bretagne ne compte pas que 25 000 bretonnants (ça se saurait) ! A la fin du XXe siècle, elle en comptait dix fois plus, et aujourd'hui, d'après les résultats du dernier sondage TMO Régions que j'ai analysés, elle en compte environ 200 000. Ce qui n'est quand même pas pareil.
Par ailleurs, le film bilingue cornique-anglais auquel il fait allusion et présenté comme un exemple n'est pas un long métrage, mais un court-métrage. L'article ignore à cet égard qu'un assez grand nombre de fictions en langue bretonne (pas bilingues, intégralement en breton) ont été tournés depuis 30 ou 40 ans, y compris des 52' et que c'est dans le cadre du service public de la télévision régionale que cela s'est fait. Plusieurs ont été rediffusés sur France 3 l'été dernier, et bien d'autres mériteraient de l'être. La Bretagne est peut-être "en retard" sur le Pays de Galles, mais pas sur la Cornouaille britannique quand même. Et que je sache, plusieurs projets sont en ce moment en gestation.

Le Télégramme
L'audio-visuel, il en est également question dans Le Télégramme du 30 avril, dans son article hebdomadaire en breton. Et c'est "la vraie priorité" d'après Samuel Julien, le directeur de la société "Dizale", spécialisée dans le doublage de films en breton. Né à Clamart, dans la région parisienne, il découvre la Bretagne et le breton grâce à une grand-mère slovène venue travailler dans la région de Rennes à l'âge de 17 ans. Mais à Paris, il ne trouve aucun sens à la vie et "sa" culture lui manque. Il apprend donc le breton par Assimil.
Dizale, qui travaillait jusqu'à présent dans un studio de Lorient, vient d'aménager son propre studio. D'après Le Télégramme, c'est désormais la possibilité d'avoir "une véritable industrie de l'audio-visuel au bénéfice de la langue bretonne". Le mot "industrie" n'est-il pas un peu prématuré, quand on connaît l'état de l'audio-visuel en Bretagne d'une part, et quand on sait d'autre part ce que représente la production en langue bretonne dans ce secteur ? S. Julien le reconnaît lui-même : pour le breton, l'audio-visuel "doit être la vraie priorité, mais il ne l'est pas". Donc…

Elle
On reste dans l'audio-visuel. Car voici que la presse féminine s'intéresse à la langue bretonne. Enfin, à Goulwena an Henaff en tout cas. Début avril, le magazine "Elle" lui a consacré toute une page en tant que "Invitée Bretagne", avec photo, bio express, les adresses qu'elle recommande (à Quimper, bien sûr) et tout et tout. C'est too much. Car, c'est à peine croyable, Goulwena "a appris le français comme une langue étrangère". Elle "défend ses racines en VO à la télé et sur le web." Elle a été "repérée par un producteur qui souhaite dépoussiérer l'image de la langue bretonne" (je crois savoir de qui il s'agit). Et en plus elle a "des yeux bleus comme la mer d'Iroise"… Bravo.
L'article de Carole André présente quand même l'émission "Mouchig-dall" que Goulwena anime avec Riwal sur France 3 à l'intention des petits bretonnants. Il évoque le sitcom en breton qu'elle a écrit et dans lequel elle joue pour internet. Et précise que pour elle "l'important, c'est que cette langue continue de vivre". Goulwena a déjà un (pré)nom dans l'audio-visuel de langue bretonne. La presse n'a pas fini de s'intéresser à elle.

Concernant le sondage sur la langue bretonne : http://www.langue-bretonne.com/sondages/NouveauSondage.html
Le site de Dizale : http://www.dizale.org/
Pour en savoir plus sur Dizale : www.aber.ac.uk/mercator/images/SamuelJulien.pdf