Le blog "langue-bretonne.org"

24 octobre 2021

Dañsal Dindan Ar Glav, ce très beau documentaire

Dansal-6

À vrai dire, j’avais un peu peur en regardant Dañsal Dindan Ar Glav, le combat d’Hélène contre le cancer du sein, le documentaire de Goulwena an Henaff que proposaient récemment les émissions en langue bretonne sur France 3 Bretagne. Pour dramatique qu’il soit, le sujet est au départ, hélas, dramatiquement « banal » et maintes fois déjà traité à travers moult reportages, dans de nombreux magazines d’information. 

J’ai tout de suite compris dès la première image que ce serait peut-être « autre chose », tout en craignant que cela ne puisse tenir la promesse jusqu’au bout, pendant 52'. En fait, tout est là, de bout en bout ! Il n’y a aucun maillon faible dans ce très beau documentaire. La variété et la richesse des séquences sert une tension dramatique constante et émouvante, jusqu’à ce final dansé à la charge symbolique réconfortante. 

La réussite du film tient, bien sûr, dans la force du témoignage d’Hélène, presque « rayonnante » dans l’image, dans la profondeur des sentiments et la justesse des mots : « la chimiothérapie n’est pas un guide de vie ». Tout cela est littéralement porté par la qualité formelle du film, sa réalisation : le soin apporté aux cadrages, aux mouvements, aux choix des musiques, etc., et surtout au rythme du film. 

La fluidité remarquable du montage fait paradoxalement de ce film triste un film a minima serein, presque « joyeux ». C’est aussi un film d’espoir pour de nombreuses femmes. Donc totale réussite. Bravo.

Alain Gallet, réalisateur

  • Photo ci-dessus : capture d'écran, FB
  • Merci à Alain Gallet, qui sait de quoi il parle, de m'avoir transmis sa réaction après avoir vu le film de Goulwena an Henaff sur le cancer du sein lors de sa première diffusion à l'antenne dans l'émission Bali Breizh.
  • "Dañsal dindan ar glav" sera rediffusé dans le programme régional de France 3, demain, lundi 25 octobre, à 9 h 50.
  • Lire sur le même sujet sur ce blog : Cancer du sein, un film-événement de Goulwena an Henaff

Posté par Fanch Broudic à 12:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

11 octobre 2021

La pratique du breton : sociolinguistique historique

These-PUR

On me demande de temps à autre où l'on peut se procurer le volume principal issu de ma thèse sur la pratique du breton de l’Ancien Régime à nos jours, paru en 1995. En fait, il en reste quelques exemplaires chez l'éditeur, très peu, vraiment très peu, mais il en reste. Ceux qui seraient interessés doivent se connecter dès que possible au site des Presses universitaires de Rennes pour commander et régler en ligne. Avis aux amateurs. 

J'ai commencé à mettre la thèse en ligne, mais c'est un travail de longue haleine, ça prend presqu'autant de temps que de l'écrire ! Plusieurs chapitres sont d'ores et déjà accessibles sur un site dédié : www.la-pratique-du-breton.org

Posté par Fanch Broudic à 17:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
07 octobre 2021

Cancer du sein : un film-événement de Goulwena an Henaff

Dansal disglavier

Le documentaire s’intitule "Dañsal dindan ar glao" [Danser sous la pluie]. La première séquence fait contraste avec le titre, car la femme qui s’exprime en voix off se trouve certes sous la pluie. Mais elle apparaît dans un paysage hivernal, figée sous son parapluie rose, et ce n’est qu’au bout d’un plan de quarante secondes qu’on découvre son sourire en gros plan.

Photo ci-dessus : capture d'écran FB.

Elle raconte en quelques mots que le médecin vient de lui annoncer une mauvaise nouvelle. Elle n’avait jamais imaginé que ça lui arriverait si jeune. Elle pense à la mort, si tôt, injuste. Elle se sent perdue, reconnaît qu’elle a souffert, lutté, et qu’elle le fait toujours. "Aujourd’hui, dit-elle, je ne suis plus la même femme".

Apprendre en quelques mots que l'on a le cancer du sein

Cette femme, c’est Hélène, la quarantaine. Elle vit dans une petite commune maritime dans le nord du Finistère, elle est professeure des écoles en classe bilingue, mariée, quatre enfants. Elle mène une vie active, chante en tant que soliste dans une chorale, joue de la harpe dans un trio de copines. Elle et son mari ont le projet de construire une nouvelle résidence.

Elle se sentait un peu fatiguée depuis quelque temps, quand elle se décide à consulter. Sa vie bascule quand elle apprend qu’elle a le cancer du sein. Elle rejoint la cohorte de toutes celles qui ont vécu, vivent ou vivront cette épreuve : c’est le cas précis d’une femme sur huit.

Le film de Goulwena an Henaff raconte son histoire à partir de cette découverte. Hélène est la seule protagoniste du film, aucune interférence de la parole de quelque expert que ce soit. Elle avait tenu son journal de maladie, ce qui lui permet de restituer son ressenti avec minutie, tout en s’exprimant avec spontanéité et sincérité. Après un temps d’introspection, elle s’est sentie responsable de sa propre maladie. Mais, admet-elle, "il faut prendre la vie comme elle vient, au risque de se noyer, trop de pensées, de souffrance, d’angoisse… De toute façon, une fois dans le train, il faut aller à destination, on n’a pas le choix." 

Dansal-dindan-ar-glav-Youenn-Chapalain-2

Photo © Youenn Chapalain.

Se retrouver dans un désert

Quand, après son opération, on lui refaisait ses pansements, elle était entourée de trois infirmières, dont l’une lui tenait et lui caressait la main, "très doucement, très doucement", lui parlant d’autre chose, de ses enfants… À eux, elle s’est demandé comment leur parler de sa maladie et du risque fatal qu’elle induit, alors que le plus jeune n’avait que trois ans et l’aîné seize, sans disposer à ce moment de beaucoup de livres pour l’aider. Hélène n’occulte pas les difficultés qu’elle et son mari ont également rencontrées dans leur vie de couple : "une femme malade à la maison, c’est compliqué pour tout le monde."

Elle, croyante depuis l’enfance, a connu une véritable crise de foi, avant de s’en remettre. Alors qu’elle s’attendait à ce que la religion lui soit un recours dans la détresse, c’est tout l’inverse qui s’est produit. Elle avait l’impression de se retrouver dans un désert, ne pouvant plus prier, indifférente aux textos et messages de ses amies qui lui assuraient le faire pour elle, ne s’expliquant pas pourquoi la foi ne lui servait plus à rien au milieu de la tempête.

"Mon corps n’est plus le même"

Hélène, par contre, n’a jamais renoncé à être femme. Son corps, explique-t-elle, n’était plus le même. Mais elle n’a pas voulu attendre la fin de la maladie pour le bichonner. Les magasins de lingerie orthopédique l’ont rebutée, jusqu’à ce qu’elle découvre ce qu’elle recherchait de plus chatoyant et cependant adapté dans un magasin ordinaire. Des séances de maquillage ont fait du bien à son moral. Elle n’a pas voulu faire de sport comme on le lui préconisait : elle a choisi de découvrir la danse sur le tard, de belles séquences de répétition en témoignent. 

  • "Bevañ a zo deskiñ dañsal dindan ar glav."
  • Vivre, c’est en quelque sorte apprendre à danser sous la pluie.

Ar-zal-film-Goulwena-2

 

 

La salle au cinéma Le Bretagne, à Saint-Renan, pour l'avant-première du film. Photo : FB.

Le dire avec tact et sans pathos

Elle a petit à petit repris ses activités, assurant plus aisément son rôle de mère de famille. Elle a pu suivre l’installation de toute la famille dans son nouveau logement. Elle a retrouvé avec brio sa place de soliste au sein de l’Ensemble choral du bout du monde. En reprenant à mi-temps son travail d’institutrice bilingue, elle a eu le bonheur de retrouver ses élèves et ses collègues.

Hélène est une personnalité, elle le montre dans le film, c’est une femme dynamique, résolue. Elle ne se laisse pas aller. Elle s’exprime aisément et je dirais même chaleureusement, n’élude aucun sujet, mais en traite avec tact. Elle ne dit pas tout, et dit tout en même temps. C’est ce qui a beaucoup ému tous ceux qui ont assisté à l’avant-première au cinéma Le Bretagne à Saint-Renan, vendredi 1er octobre. L’illustration musicale, qui fait appel à Yann Tiersen et à Loreena McKennitt comme au piano de Romain Dubois, y contribue aussi forcément.

Nombre de films, des documentaires comme de la fiction, ont déjà été tournés en français ou en d’autres langues sur le cancer du sein : le site des Éclaireuses en recense dix, incroyables et qui brisent ce tabou, qu’il faut voir absolument en ce mois d’Octobre rose et que l’on peut visionner sur YouTube. 

Je ne sais pas si "Dañsal dindan ar glav" figurera un jour sur une telle liste. Mais s’il constitue, me semble-t-il, un événement, c’est aussi parce qu’il a été tourné en breton, sous-titré en français. Son intérêt est qu’il aborde sans pathos les questions simples et complexes auxquelles est confrontée toute femme à qui l’on annonce un jour en quelques mots qu’elle a un cancer du sein. Dans la liste des Éclaireuses ci-dessus, on vous invite à prendre des boîtes de Kleenex pour regarder certains films. Faites-le aussi pour regarder "Dañsal dindan ar glao". C’est vraiment une belle rencontre entre deux femmes.

PLOUARZHEL_14-04-2021-12-2

Photo : Hélène Abalain (à gauche) et Goulwena an Henaff. © Youenn Chapalain.

Multidiffusion à venir sur France 3 Bretagne

Car il s’agit de la première réalisation de Goulwena an Henaff, que j’avais recrutée en 1998 (le temps passe…) pour assurer, en alternance avec… Hélène Abalain, la présentation des programmes en breton, ce qu’elle fait toujours aujourd’hui, si vous suivez le Bali Breizh du dimanche. Et c’est d’emblée son premier 52', réussi. Pour le tournage, elle a bénéficié du concours de son compagnon, Youenn Chapalain, bretonnant comme elle, ce qui a généré de la compliicté entre les uns et les autres. Tous trois avaient préalablement contribué à l’écriture du film. Le montage a été assuré par Gaëlle Villeneuve. 

Signe que Laurent Le Mouillour, directeur par intérim de France Bretagne, et Maël Le Guennec, responsable des émissions en langue bretonne, croient en l’intérêt de ce film, c’est qu’ils ont décidé de le produire en interne, ce qui n’est plus si courant. Il sera diffusé à l’occasion d’Octobre rose,

  • non seulement dans Bali Breizh, le programme dominical en breton, dimanche prochain, 10 octobre, à 10h10 (attention, horaire avancé !)
  • mais aussi dans la case documentaire du lundi soir à l’horaire tardif que l’on connaît, soit 23 h 5
  • et une nouvelle fois dans le programme régional de 9 h 50, le lundi 25 octobre.

Octobre rose, pour ceux qui l’ignoreraient, est un mois de sensibilisation au cancer du sein dans lequel sont impliquées de multiples structures (à retrouver aisément sur internet), et aussi de collecte de fonds.

À lire concernant Octobre rose sur ce blog : La Bigoudène aux seins nus brandissant le gwenn-ha-roz

ChanigArGall-DiellouAr-Gall-b

Photo d'archives de Channig ar Gall. © Diellou Charlez ha Channig ar Gall.

Post-scriptum : à la mémoire de Channig ar Gall

À l’occasion de la diffusion du film de Goulwena an Henaff, j’aimerais ajouter quelques mots, qui ont trait à l’histoire des émissions en breton dans l’audiovisuel public. Certains d’entre vous ont sans doute entendu parler de Charlez ar Gall : il a présenté les émissions en langue bretonne à la radio de 1959 à 1976, et à la télévision régionale de 1964 à 1975. Sa femme, Channig, avait appris le breton pour pouvoir le seconder. Elle présente elle-même l’émission quotidienne en breton depuis le studio de Brest, ouvert en 1964, jusqu'en 1969.

Elle doit s’interrompre cette année-là pour raisons de santé. Elle avait en effet été opérée d’un cancer du sein et s’en est remise. Elle a repris ensuite de nombreuses activités, devenant artiste et comédienne, ainsi qu’à partir de 1971 la speakerine du premier magazine en breton sur FR3, Breiz o veva. Elle a ainsi pris sa part à l’histoire des médias en langue bretonne.

Chanig ar Gall a aussi témoigné de son vécu et de sa rémission dans le cadre de multiples réunions organisées par la Ligne nationale contre le cancer avec le concours des médecins du CHU de Brest pour dire et redire déjà aux femmes qu’elles ont la possibilité de guérir du cancer du sein. Elle en a été la preuve vivante pendant quarante ans, tout en se battant contre l’inéluctabilité de la maladie. Elle est décédée à Brest en 2012 à l’âge de 90 ans.

Deus'ta photo

Pour info : un débat sur les médias en breton

Il aura lieu jeudi 7 octobre, à 20 heures, à la Faculté des Lettres Victor Segalen, à Brest en prélude au festival Deus'ta organisé par Diwan et Div Yezh et qui se déroulera le dernier week-end d’octobre aux Capucins. Privilège de l’âge ? J’interviendrai au début de ce débat pour présenter une rétrospective des médias en langue bretonne, avant que ne débattent des acteurs de différents médias actuels en breton.

06 septembre 2021

La Conférence des étudiants celtiques de Dublin en 2021. Appel urgent à communication

Celtic Logo

L’Association d’étudiants celtiques d’Irlande et du Royaume-Uni (Association of Celtic Students of Ireland and Britain) tiendra sa neuvième conférence annuelle du 22 au 24 octobre 2021 à Dublin. En raison de la pandémie de COVID-19, nous avons l’intention d’accueillir la majeure partie de la conférence en ligne, avec quelques présentations et événements en direct depuis University College Dublin. Tous les préparatifs dépendent des recommandations et restrictions sanitaires irlandaises, et peuvent changer selon l’évolution de la situation sanitaire.

Nous accueillons des présentations en anglais et en langues celtiques (Brezhoneg, Kernewek, Cymraeg, Gaelg, Gaeilge, Gàidhlig). Nous acceptons les présentations d’étudiants et de récents diplômés, sur tous sujets d’études celtiques, ainsi que sur tous sujets associés à un(e) ou plusieurs langue(s), peuple(s), littérature(s), histoire(s) et/ou culture(s) celtiques. Les présentations pour la conférence doivent durer entre 15 et 20 minutes.

Soumettre les propositions ou résumés de présentations, de maximum 200 mots. Le délai pour soumettre une proposition est reporté au 10 septembre 2021. Pour plus d’informations, merci de nous contacter à : celticstudents.conference@gmail.com

J'ai également reçu cet appel à communication en breton et en anglais. Je reproduis ci-après l'appel en breton. Le breton est assurément perfectible, mais témoigne du volontarisme des étudiants en celtique irlandais. Site internet : https://linktr.ee/celticstudents

Kendael ar Studierien Keltiek e Dulenn e 2021. Galv de gemer perzh 

Emañ Kevredigezh ar Studierien Keltiek eus Iwerzhon ha Breizh-Veur o vont da aozañ he naved kendael bloaz etre an 22l hag an 24vet a viz Here 2021. Abalamour d’ar gleñved-red COVID-19 ez omp e soñj aozañ peurvuiañ ar gendael el linenn, gant un nebeut prezegennoù o c’hoarvezañ e Skol-Veur Zulenn (University College Dublin, UCD). Emañ aozadur ar gendael e dalc’h an divizoù broadel, ha gellet a ra an traoù cheñch hervez ma’z aio ar jeu. 

Degemer a raimp prezegennoù e brezhoneg, e saozneg pe e n’eus forzh pe yezh keltiek. Degemer a raimp prezegennoù digant studierien a zo c’hoazh er skol-veur pe studierien ha n’int ket kozh echu gant ho studioù. Degemer a raimp prezegennoù diwar-benn n’eus forzh peseurt danvez eus ar Studioù Keltiek, ha diwar-benn n’eus forzh peseurt danvez liammet diouzh yezhoù, tud, lennegezhioù, istorioù ha/pe sevenadurioù ar pobloù kelt a-gozh pe a-vremañ. Rankout a ra ho prezegenn padout etre 15-20 munutenn. 

Laouen-tre ez omp lavaret hor beus hiraet ar galv da gemer perzh e Kendael 2021 ar Studierien Keltiek, a vo dalc'het el linenn hag e Skol-Veur Zulenn (University College Dublin) etre an 22il hag ar 24vet a viz Here. Kemer a raimp berradennoù prezegennoù betek an 10vet a viz Gwengolo. Gellet a rit lenn hiroc'h diwar-benn ar gendael en ur heuliañ al liamm-mañ: https://linktr.ee/celticstudents.

Posté par Fanch Broudic à 23:12 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
17 août 2021

Du bara-ed à La Lampaulaise

Bara-ed - 1  Bara-ed - 2

Il y a quelque temps, ma boulangère, Mme Squiban, me demande conseil pour trouver un nom breton pour désigner un nouveau pain aux céréales qu’elle proposait à sa clientèle dans son nouveau rayon bio. L’adjectif qu’elle avait trouvé ne faisant pas l’affaire, je lui ai proposé d’opter pour le mot "ed". Si ce terme monosyllabique désigne parfaitement les céréales en breton, il me paraissait bien trop court pour nommer un produit, et il n’incluait pas en tout état de cause la notion de pain, "bara" en breton.

La synthèse a été vite trouvée : il suffisait de l’appeler "bara-ed", prononcé "bara-éétt" (avec un "é" long et en faisant entendre le "t" final) Les jeunes générations ne savent même plus que "pain" se dit "bara" en breton, les plus anciens, voire même les 30-40 ans, ne l’ignorent pas, même lorsqu’ils ne parlent pas le breton. Les bretonnants, et il y en a, de même que les locuteurs passifs (ceux qui comprennent sans pouvoir le parler) n’ont aucun problème de compréhension.

"Bara-ed" a très exactement le sens de pain aux céréales. Il est effectivement composé de trois farines différentes : froment, blé noir et seigle, et d’autres ingrédients consistant en graines de millet, lin brun, graines de courges et de sésame, etc.

Je l’ai goûté : la croûte est craquante et croquante, la mie tendre et moelleuse. On peut très bien le griller.

Je me dois de vous fournir l’adresse de la boulangerie La Lampaulaise : 16, rue de la Mairie (juste en face de la mairie, en fait), 29810 Lampaul-Plouarzel. Tél : 02 98 84 07 57.

Posté par Fanch Broudic à 22:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
16 août 2021

Auguste Brizeux serait-il l'inventeur de la Bretagne ?

Jo Rio-1

C'est l'universitaire Joseph Rio qui pose la question dans un ouvrage qui s'annonce comme la réhabilitation d'un écrivain oublié de la première moitié du XIXe siècle, à paraître cette semaine.

Auguste Brizeux, écrit-il, a inventé une représentation de la Bretagne inconnue avant lui. Marie (1832) racontait l’histoire d’une amitié amoureuse entre un écolier et une espiègle paysanne de son âge, dans un bourg du Finistère. Une image inattendue d’une Bretagne paisible et souriante. Poésie de la nature, beauté des paysages bretons. En 1845, l’épopée rustique Les Bretons emmenait la lecteur à la découverte des différents pays de Basse-Bretagne : peinture des cœurs, des usages, des traditions du monde rural.

Une approche nouvelle du « barde » breton

Imposer le « pays », la nature, comme source de poésie, en révéler les beautés, chanter sa terre natale, dire l’histoire du peuple paysan tenu à l’écart de l’écriture, voilà ce qu’a inventé Brizeux. Une voix qu’entendront en 1853 les Félibres de Provence.

Auguste Brizeux-2

Cet ouvrage tente une approche nouvelle du « barde » breton : son cheminement intellectuel et littéraire, sa recherche créatrice des années 1830 à sa mort. Un choix de poèmes illustre son apport spécifique. Brizeux interrogeait la nature et la fonction de la production bretonne à son époque. Un plaidoyer pour faire valoir la littérature des régions.

Celles et ceux qui sont intéressé(e)s par le poète, par la littérature de la Bretagne, par la promotion d’une culture bretonne qui a beaucoup à nous apporter, devraient le lire avec intérêt.

Des recherches sur les mythes fondateurs de la Bretagne

Joseph Rio, connu tout simplement sous l'appellation de Jo Rio, est agrégé de Lettres modernes, docteur en Littérature française et Études celtiques, chercheur associé au Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC-CNRS). 

Il a enseigné en tant que maître de conférences à l’université Bretagne Sud, à Lorient. Ses travaux et ses publications portent sur les mythes fondateurs de la Bretagne, le celtisme, la celtomanie, la littérature et l’histoire de Bretagne des XVIIIe et XIXe siècles.

L'ouvrage paraît dans la collection "Bretagne références" aux Presses universitaires de Rennes, sous le titre : "Auguste Brizeux 1803-1858 Inventeur de la Bretagne ?" Selon Jo Rio, il devrait être en librairie le 19 août. Il ne figure pas encore dans le catalogue de l'éditeur, mais ça ne devrait pas tarder.

Posté par Fanch Broudic à 21:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,