Le blog "langue-bretonne.org"

06 septembre 2021

La Conférence des étudiants celtiques de Dublin en 2021. Appel urgent à communication

Celtic Logo

L’Association d’étudiants celtiques d’Irlande et du Royaume-Uni (Association of Celtic Students of Ireland and Britain) tiendra sa neuvième conférence annuelle du 22 au 24 octobre 2021 à Dublin. En raison de la pandémie de COVID-19, nous avons l’intention d’accueillir la majeure partie de la conférence en ligne, avec quelques présentations et événements en direct depuis University College Dublin. Tous les préparatifs dépendent des recommandations et restrictions sanitaires irlandaises, et peuvent changer selon l’évolution de la situation sanitaire.

Nous accueillons des présentations en anglais et en langues celtiques (Brezhoneg, Kernewek, Cymraeg, Gaelg, Gaeilge, Gàidhlig). Nous acceptons les présentations d’étudiants et de récents diplômés, sur tous sujets d’études celtiques, ainsi que sur tous sujets associés à un(e) ou plusieurs langue(s), peuple(s), littérature(s), histoire(s) et/ou culture(s) celtiques. Les présentations pour la conférence doivent durer entre 15 et 20 minutes.

Soumettre les propositions ou résumés de présentations, de maximum 200 mots. Le délai pour soumettre une proposition est reporté au 10 septembre 2021. Pour plus d’informations, merci de nous contacter à : celticstudents.conference@gmail.com

J'ai également reçu cet appel à communication en breton et en anglais. Je reproduis ci-après l'appel en breton. Le breton est assurément perfectible, mais témoigne du volontarisme des étudiants en celtique irlandais. Site internet : https://linktr.ee/celticstudents

Kendael ar Studierien Keltiek e Dulenn e 2021. Galv de gemer perzh 

Emañ Kevredigezh ar Studierien Keltiek eus Iwerzhon ha Breizh-Veur o vont da aozañ he naved kendael bloaz etre an 22l hag an 24vet a viz Here 2021. Abalamour d’ar gleñved-red COVID-19 ez omp e soñj aozañ peurvuiañ ar gendael el linenn, gant un nebeut prezegennoù o c’hoarvezañ e Skol-Veur Zulenn (University College Dublin, UCD). Emañ aozadur ar gendael e dalc’h an divizoù broadel, ha gellet a ra an traoù cheñch hervez ma’z aio ar jeu. 

Degemer a raimp prezegennoù e brezhoneg, e saozneg pe e n’eus forzh pe yezh keltiek. Degemer a raimp prezegennoù digant studierien a zo c’hoazh er skol-veur pe studierien ha n’int ket kozh echu gant ho studioù. Degemer a raimp prezegennoù diwar-benn n’eus forzh peseurt danvez eus ar Studioù Keltiek, ha diwar-benn n’eus forzh peseurt danvez liammet diouzh yezhoù, tud, lennegezhioù, istorioù ha/pe sevenadurioù ar pobloù kelt a-gozh pe a-vremañ. Rankout a ra ho prezegenn padout etre 15-20 munutenn. 

Laouen-tre ez omp lavaret hor beus hiraet ar galv da gemer perzh e Kendael 2021 ar Studierien Keltiek, a vo dalc'het el linenn hag e Skol-Veur Zulenn (University College Dublin) etre an 22il hag ar 24vet a viz Here. Kemer a raimp berradennoù prezegennoù betek an 10vet a viz Gwengolo. Gellet a rit lenn hiroc'h diwar-benn ar gendael en ur heuliañ al liamm-mañ: https://linktr.ee/celticstudents.

Posté par Fanch Broudic à 23:12 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

17 août 2021

Du bara-ed à La Lampaulaise

Bara-ed - 1  Bara-ed - 2

Il y a quelque temps, ma boulangère, Mme Squiban, me demande conseil pour trouver un nom breton pour désigner un nouveau pain aux céréales qu’elle proposait à sa clientèle dans son nouveau rayon bio. L’adjectif qu’elle avait trouvé ne faisant pas l’affaire, je lui ai proposé d’opter pour le mot "ed". Si ce terme monosyllabique désigne parfaitement les céréales en breton, il me paraissait bien trop court pour nommer un produit, et il n’incluait pas en tout état de cause la notion de pain, "bara" en breton.

La synthèse a été vite trouvée : il suffisait de l’appeler "bara-ed", prononcé "bara-éétt" (avec un "é" long et en faisant entendre le "t" final) Les jeunes générations ne savent même plus que "pain" se dit "bara" en breton, les plus anciens, voire même les 30-40 ans, ne l’ignorent pas, même lorsqu’ils ne parlent pas le breton. Les bretonnants, et il y en a, de même que les locuteurs passifs (ceux qui comprennent sans pouvoir le parler) n’ont aucun problème de compréhension.

"Bara-ed" a très exactement le sens de pain aux céréales. Il est effectivement composé de trois farines différentes : froment, blé noir et seigle, et d’autres ingrédients consistant en graines de millet, lin brun, graines de courges et de sésame, etc.

Je l’ai goûté : la croûte est craquante et croquante, la mie tendre et moelleuse. On peut très bien le griller.

Je me dois de vous fournir l’adresse de la boulangerie La Lampaulaise : 16, rue de la Mairie (juste en face de la mairie, en fait), 29810 Lampaul-Plouarzel. Tél : 02 98 84 07 57.

Posté par Fanch Broudic à 22:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
16 août 2021

Auguste Brizeux serait-il l'inventeur de la Bretagne ?

Jo Rio-1

C'est l'universitaire Joseph Rio qui pose la question dans un ouvrage qui s'annonce comme la réhabilitation d'un écrivain oublié de la première moitié du XIXe siècle, à paraître cette semaine.

Auguste Brizeux, écrit-il, a inventé une représentation de la Bretagne inconnue avant lui. Marie (1832) racontait l’histoire d’une amitié amoureuse entre un écolier et une espiègle paysanne de son âge, dans un bourg du Finistère. Une image inattendue d’une Bretagne paisible et souriante. Poésie de la nature, beauté des paysages bretons. En 1845, l’épopée rustique Les Bretons emmenait la lecteur à la découverte des différents pays de Basse-Bretagne : peinture des cœurs, des usages, des traditions du monde rural.

Une approche nouvelle du « barde » breton

Imposer le « pays », la nature, comme source de poésie, en révéler les beautés, chanter sa terre natale, dire l’histoire du peuple paysan tenu à l’écart de l’écriture, voilà ce qu’a inventé Brizeux. Une voix qu’entendront en 1853 les Félibres de Provence.

Auguste Brizeux-2

Cet ouvrage tente une approche nouvelle du « barde » breton : son cheminement intellectuel et littéraire, sa recherche créatrice des années 1830 à sa mort. Un choix de poèmes illustre son apport spécifique. Brizeux interrogeait la nature et la fonction de la production bretonne à son époque. Un plaidoyer pour faire valoir la littérature des régions.

Celles et ceux qui sont intéressé(e)s par le poète, par la littérature de la Bretagne, par la promotion d’une culture bretonne qui a beaucoup à nous apporter, devraient le lire avec intérêt.

Des recherches sur les mythes fondateurs de la Bretagne

Joseph Rio, connu tout simplement sous l'appellation de Jo Rio, est agrégé de Lettres modernes, docteur en Littérature française et Études celtiques, chercheur associé au Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC-CNRS). 

Il a enseigné en tant que maître de conférences à l’université Bretagne Sud, à Lorient. Ses travaux et ses publications portent sur les mythes fondateurs de la Bretagne, le celtisme, la celtomanie, la littérature et l’histoire de Bretagne des XVIIIe et XIXe siècles.

L'ouvrage paraît dans la collection "Bretagne références" aux Presses universitaires de Rennes, sous le titre : "Auguste Brizeux 1803-1858 Inventeur de la Bretagne ?" Selon Jo Rio, il devrait être en librairie le 19 août. Il ne figure pas encore dans le catalogue de l'éditeur, mais ça ne devrait pas tarder.

Posté par Fanch Broudic à 21:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
21 juillet 2021

Enseignement des langues régionales par immersion : les députés remettent leur rapport au Premier ministre

Manif Kemper-5

  • Nouvelle mise à jour : 22 juillet, 17h03. Voir revue de presse en bas de page
  • Mise à jour : 21 juillet, 19h29
  • Photo ci-dessus : manifestation de Quimper 13 mars 2021.
  • Photo ci-dessous : Gwenole Larvol. DR

Selon l'information parue ce matin dans Le Télégramme, Yannick Kerlogot et Christophe Euzet devaient remettre ce mercredi à Jean Castex le rapport qu'il leur a demandé suite à l'annulation par le Conseil constitutionnel de deux dispositions majeures de la loi Molac sur les langues régionales. 

C'est en particulier l'éventualité d'un enseignement de ces langues par immersion dans l'école publique qui avait été censurée. Par ricochet, les écoles associatives, du type Diwan, qui pratiquent l'immersion depuis leur création craignaient aussi pour leur avenir. Les deux parlementaires devaient faire des propositions pour contourner ou dépasser la censure du Conseil constitutionnel. 

Gwenole Larvol-1

Le chercheur Gwenole Larvol est de ceux qui leur ont transmis une contribution, en sus des personnalités que les parlementaires ont auditionnées. La sienne, qui s'étend sur treize pages, est intitulée :

Enseignement en langues « régionales » : La parité horaire en question

Dans cette contribution, Gwenole Larvol étudie les enjeux des différents types d’organisation de l’enseignement bilingue d’un point de vue pédagogique :

  • Il propose "de sortir d’une opposition parité horaire / immersion qui n’a pas lieu d’être d’un point de vue scientifique"
  • Il discute "l’affirmation de J.-M. Blanquer selon laquelle l’enseignement à parité horaire serait plus bénéfique pour les élèves que l’immersion" ;
  • Il présente "les pratiques de répartition horaire des enseignants bilingues à l’aide d’une étude par questionnaire auprès des enseignants bilingues du primaire des filières publiques du Finistère ainsi que leurs représentations sur la question de la parité horaire" ;
  • Enfin, il propose "de faire passer l’enseignement bilingue français - langues « régionales » d’une logique de parité horaire à une logique d’objectifs pédagogiques. Des objectifs indexés sur ceux du français et non plus sur ceux de l’apprentissage des langues étrangères, dans un esprit proche d’un des textes fondateurs de l’enseignement bilingue en langues « régionales » en France, la circulaire n° 2001-167 du 5 septembre 2001. La répartition horaire des temps d’enseignement en français et en langue dite « régionale » devenant ainsi une variable pédagogique, au service des apprentissages et non plus une répartition théorique handicapante pour les enseignants et leurs élèves".

Renversement de perspective

La contribution, étayée, a l’intérêt majeur de proposer un renversement de perspective. Plutôt que de focaliser sur un terme polysémique comme "l’immersion" qui, outre le fait qu’il est devenu polémique, recouvre de fait une grande variété d’acceptions et de pratiques, il propose de se fixer sur des objectifs pédagogiques à atteindre. Dans sa conclusion, Gwenole Larvol écrit ceci : 

  • "Une exposition forte à une langue n’est bien sûr pas à elle seule un gage de la qualité de son apprentissage, qui dépend de nombreux autres aspects comme la qualité et la diversité de l’input, la mise en production, les retours correctifs… Mais l’enseignement bilingue est si complexe à mettre en œuvre, si exigeant pour les enseignants et si bénéfique pour les élèves qu’il est particulièrement dommageable qu’il soit régi, non par des objectifs pédagogiques mais, à l’inverse, par des considérations idéologiques contre-productives. 
  • Pour le bien des élèves, pour celui de leurs enseignants et pour l’avenir de ces langues, il est impératif de faire passer l’enseignement bilingue français - langues « régionales » d’une logique de parité horaire à une logique d’objectifs pédagogiques qui libérera enfin dans l’enseignement public les apports novateurs du bilinguisme précoce".

Dernière minute

  • Les deux parlementaires Yannick Kerlogot et Christophe Euzet ont effectivement remis leur rapport au Premier ministre.
  • Lire l'interwiew du député des Côtes-d'Armor sur le site du Télégramme.

Revue de presse

Lire les synthèses de Ronan Hirrien, complètes et pertinentes, sur le site de France 3 Bretagne :

Posté par Fanch Broudic à 09:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
14 juillet 2021

Épidémies : Ouest-France publie un dossier d’une page sur l’affiche bilingue du préfet Monod en 1886

Choléra épidémies Ouest-France 2021-07-13

En ces temps de Covid qu’on ne parvient pas trop à juguler ni en France ni ailleurs, il n’est pas sans intérêt de tenter de comprendre comment ont été vécues les grandes épidémies du passé. C’est précisément ce que fait, pour la Bretagne, le tome XCIX des mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne (SHAB). 

Dans un fort volume de 605 pages, viennent donc de paraître pas moins de seize contributions, sous la plume de dix-neuf auteurs tout au long d’un parcours chronologique s’étendant de la peste de Justinien au VIe siècle à la variole à Vannes en 1954.

Voir le sommaire complet de ce numéro spécial : Sommaire_Memoires_SHAB_2021

Bruno Isbled, le président de la SHAB, m’a sollicité pour analyser une affiche bilingue publiée en 1896 en français et en breton à l’initiative d’Henri Monod, préfet du Finistère, sur les précautions à prendre pour éviter un rebond de l’épidémie de choléra qui s’était déclarée l’année précédente et sur les mesures qu’il conviendrait d’adopter dès lors qu’elle serait là à nouveau.

À ce moment, on ne connaissait l’affiche que par le texte qu’avait reproduit H. Monod lui-même quelques années plus tard dans un gros volume consacré à cette épidémie de choléra dans le Finistère. L’ancien préfet signalait en même temps avoir transmis au ministre du Commerce une ampliation d’un arrêté pris par le maire de la commune de Guengat, à quelques kilomètres de Quimper, approuvé par ses soins et dont il faisait également imprimer une traduction en breton au côté de la version française.

La question était de savoir si des exemplaires de ces deux affiches avaient été conservés quelque part. J’ai donc passé une journée aux Archives départementales du Finistère. Comme je l’ai déjà raconté sur ce blog en mars dernier, j’ai eu le bonheur de les découvrir toutes les deux, soigneusement pliées, dans un dossier de la série M, numéroté 5 M 56 parmi divers autres documents.

Christian Gouérou, le directeur départemental de Ouest-France, a choisi de consacrer une page entière de l’édition papier du quotidien, mardi 13 juillet, à cette affiche bilingue. L’essentiel s’y trouve et est également accessible en ligne sur le site du journal. Il est vrai que les préfets des départements de Basse-Bretagne n’ont pas souvent fait usage du breton, alors même que la plus grande part de la population ne s’est longtemps exprimée qu’en cette langue. On peut même dire que, dans le Finistère en tout cas, ils ne l’ont fait quelquefois qu’en situation de crise.

SHAB mémoires couv

Pour lire le texte complet de mon article sur l’affiche bilingue du préfet Monod et toutes les autres contributions consacrées aux épidémies dans l’histoire de la Bretagne, voir sur le site de la SHAB comment se procurer le volume XCIX des Mémoires. Ce dernier peut également être consulté dans les bonnes bibliothèques publiques bretonnes.

Un exemplaire de l'affiche bilingue du préfet Monod aux Archives municipales de Brest

Mis à jour le 18/0/2021

Un lecteur d’Ouest-France, André Cloarec, me fait savoir qu’un exemplaire de l’affiche bilingue du préfet Monod existe aussi aux archives municipales de Brest et qu’il l’a photographiée. Elle figure dans l’ouvrage "Notre Dame du Juch, un sanctuaire au cœur d’une communauté rurale" publié en juillet 2020 et disponible auprès de l’association Histoire et Patrimoine Le Juch à la mairie du Juch. Bravo pour l’antériorité. Mais rien ne me permettait de la repérer, et je ne sais pas pour l’instant ce qu’en écrit André Cloarec dans son livre.

J’avais bien pensé que l’affiche pouvait effectivement avoir été conservée dans diverses archives des villes et des communes du département. Mais dans le délai qui m’était imparti pour analyser cette affiche et donc pour la localiser, je me suis orienté d’emblée vers les Archives départementales à Quimper, dans la mesure où c’est là que sont déposées celles de la Préfecture. Je considère avoir fait le bon choix, puisque j’ai pu localiser l’affiche assez rapidement. 

Pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus, au-delà de ce qu’en dit Christian Gouérou dans la page au demeurant fort bien conçue de Ouest-France, le 13 juillet, se reporter à ma contribution au tome XCIX des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 261-274, sur le site de la SHAB : www.shabbretagne.com Ce volume peut aussi être consulté en bibliothèque.

Cossic, le poète d’origine bretonne, dans La Dépêche

Cossic in La Dépêche 2021-07-14

Ce journal, dans le Midi, c’est comme Ouest-France ou Le Télégramme en Bretagne. Il publie quatorze éditions quotidiennes et est diffusé à quelque 130 000 exemplaires. J’apprends par la revue de presse d’ABP qu’il consacre un article à Yves Cossic, le poète originaire de Buhulien, en Lannion, qui après avoir bourlingué au Burundi et ailleurs, réside aujourd’hui à Pamiers, dans l’Ariège.

D’après La Dépêche, Cossic "se languit comme un adolescent désœuvré" et qu’il a hâte de reprendre ses ateliers de philosophie à la MJC. Il évoque aussi l’un de ses derniers recueils, Proverbes du farouche, dont il a déjà été question sur ce blog en 2020. Il fait l’éloge de la lenteur, du vélo et du train, car ainsi, dit-il "on échappe au côté excité de notre civilisation." Ses œuvres complètes rejoindront l’université de Brest dans quelques mois, plus précisément le Centre de recherche bretonne et celtique.

Photo : Cossic dans La Dépêche, DR.

Posté par Fanch Broudic à 10:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,