C'est en décembre 2004 que le Conseil régional de Bretagne a adopté – à l'unanimité, il faut le souligner – une politique linguistique pour la Bretagne. Élaboré à l'initiative de Jean-Pierre Thomin, qui présidait alors la Commission culture à la Région, cette délibération était une grande première, puisque ce jour-là

  • "le Conseil régional de Bretagne reconnai[ssait] officiellement, aux côtés de la langue française, l’existence du breton et du gallo comme langues de la Bretagne."

Toute une série d'objectifs était ensuite définie dans les différents champs d'intervention possibles : l'enseignement, les médias, l'édition, le théâtre et le chant, etc.
Cette politique linguistique va faire l'objet d'une actualisation. Un nouveau plan est en cours d'élaboration à la Région. Lena Louarn, Vice-présidente aux langues de Bretagne, a déjà reçu à ce sujet des élus, des experts et les représentants de diverses instances ou fédérations concernées par le sujet. Mais la rédaction du nouveau document prend apparemment beaucoup plus de temps que prévu.
Il devait initialement être soumis à la délibération du Conseil régional lors de la session de juin dernier. Il aurait dû ensuite être inscrit à l'ordre du jour de la session d'octobre, puis à celle des 15 et 16 décembre prochains. Selon des informations convergentes, l'examen de la nouvelle politique linguistique est à nouveau reporté et c'est finalement en février 2012 que le Conseil régional devrait être appelé à en délibérer. Y aura-t-il débat public d'ici là ? Sur un sujet de société comme celui-là, ça vaudrait la peine. La question est ouverte.

Plus de 80 objectifs
Le document de travail en cours de gestation commence par souligner que beaucoup de progrès ont été accomplis depuis 2004 et que de nouveaux besoins sont apparus, qui tiennent aux évolutions qu'a connues la société bretonne entre-temps. L'objectif général qui serait fixé à la nouvelle politique linguistique serait de stabiliser le nombre des locuteurs de breton et de gallo à court et moyen terme et de le faire augmenter à nouveau à plus long terme.
Plus de 80 objectifs concrets sont ensuite définis.

  • Dans le domaine institutionnel, la Région agirait en vue de l'adoption d'une loi-cadre pour les langues de France et l'Office public de la langue bretonne deviendrait un outil de gouvernance pour les langues de Bretagne.
  • Dans le domaine de l'enseignement, le Conseil régional se prononcerait en faveur d'une politique d'enseignement bilingue qui devrait aboutir à la généralisation progressive, mais non-obligatoire, de l'enseignement du breton. Plus d'une vingtaine d'objectifs précis devraient être déclinés à cet effet, ainsi que pour la transmission de la langue.
  • Diverses mesures sont envisagées pour renforcer la présence de la langue bretonne dans l'espace public et professionnel.
  • Dans le secteur de l'audiovisuel, l'objectif n° 50 prévoirait la création d'une chaîne publique de télévision bilingue.
  • Enfin, l'institution régionale elle-même se fixerait pour objectif de développer significativement le bilinguisme dans son fonctionnement. L'utilisation de la langue bretonne serait par exemple généralisée pour l'information des voyageurs dans les gares, les TER et les cars régionaux.