Breman146Vous savez sans doute qu'il existe une dizaine de périodiques (journaux et revues) rédigés intégralement en langue bretonne ? Chacun a, comme il se doit, sa ligne éditoriale. Mais aucun n'est diffusé en kiosque : il faut donc s'y abonner, ce qui ne facilite pas vraiment la diffusion. Au palmarès du plus grand nombre d'abonnés, c'est l'hebdomadaire "Ya !" (Oui !) qui arrive en tête : il n'est plus très loin du cap des 1 200.
Dans son avant-dernier numéro, "Bremañ" (Maintenant), le seul mensuel en breton, annonce se situer aux environs de 600. Comme toutes les autres revues en breton, il aimerait bien en avoir davantage : "il nous faut 100 abonnés supplémentaires". Il prend donc l'initiative de proposer une réduction de 10 % à ceux qui s'abonneront pour la première fois.
Cette proposition se couple à une initiative éditoriale. Pour séduire de nouveaux lecteurs, Bremañ publie désormais deux pages en breton spécialement dédiées aux bretonnants débutants : des articles courts sur des thèmes d'actualité, rédigés en un breton simple, avec traduction française des mots difficiles.
Il faut dire que Bremañ n'a pas la réputation d'un magazine qui soit toujours facile à lire, puisqu'il n'hésite pas à utiliser les néologismes appropriés. Il y a des articles plus abordables, comme celui de Daniel an Doujet (en breton vannetais) ou telle ou telle interview dans le numéro de décembre qui vient de sortir. Mais il y en a d'autres bien plus ardus. Il est significatif en même temps que Bremañ cible, non pas les bretonnants de tous âges et de tous milieux (ce qui, je le sais, n'est pas aisément faisable), mais plus spécifiquement les élèves issus des filières bilingues ou les adultes ayant suivi une formation en breton.
Bremañ est publié par l'association Skol an Emsav (L'école du Mouvement) et emploie un jeune rédacteur bretonnant, Milio Latimier, qui propose à lui seul près de la moitié des 24 pages du magazine. Le dossier qu'il a préparé pour le numéro de décembre concerne les écoles Diwan et la campagne qu'elles ont lancée pour collecter la somme de 150 000 € d'ici à la fin de l'année. Anna-Vari Chapalain lui explique que Diwan en a besoin pour financer sa croissance. Yann-Herle Gourvès lui raconte dans quelles conditions et dans quel esprit s'est faite l'ouverture de la nouvelle école Diwan de Riantec.
En page 2, la revue dirigée par Lena Louarn (bien connue par ailleurs comme Présidente de l'Office de la Langue Bretonne) propose un "salut à Louis-Paul". Comprenez : Louis-Paul Némo, autrement dit Roparz Hemon, présenté comme le fondateur de la revue Gwalarn (Nord-ouest) et comme le directeur des émissions en breton de la station de radio Rennes-Bretagne pendant la dernière guerre. Etant donné la personnalité controversée de ce dernier, ce salut chaleureux ne sera évidemment pas partagé par tous : il lui est adressé par Yannig Boulard à l'occasion du 109e anniversaire de sa naissance. La date du 18 novembre 1900, écrit-il, ne doit pas être considérée comme l'une des journées sombres de l'histoire de Bretagne, bien au contraire.
Parmi les revues en langue bretonne, Bremañ est l'une des plus agréables à feuilleter et l'une des mieux présentées, puisqu'elle est imprimée intégralement en quadrichromie et sur beau papier.
Bremañ, 25, rue Pierre Martin, 35000 Rennes.
Contact : breman@wanadoo.fr
Site internet : www.breman.org