Je me trouve cité en compagnie de l'éditorialiste bien connu d'un quotidien régional, d'une écrivaine certes contestée, mais à la plume cinglante, et d'un sonneur de talent, champion de Bretagne de sa catégorie. Eux se sont vus décerner samedi dernier une sorte de prix "breton 2012" (sic) par la rédaction d'un site nauséabond, soit-disant Breizh, sous des qualificatifs orduriers et d'une bassesse répugnante. Dix noms figuraient en tout sur une liste, dite de nominés, qui ne demandent évidemment rien à ces fascistes de la plume : un ministre breton, une ancienne préfète, un dessinateur de renom, un ancien maire de Nantes, un autonomiste de gauche… Il suffit de peu de chose pour se faire flinguer par ces discoureurs tellement fiers de leurs convictions qu'ils n'utilisent que des pseudos pour avilir tous ceux qu'ils prennent pour cible, y compris des braves gens. Il leur est beaucoup plus facile comme cela d'étaler leur racisme et leur antisémitisme à longueur de pages. Quoiqu'ils deviennent prudents : ils font très attention à ne plus accuser nommément quelqu'un d'être Noir (la peur de la loi ?), ce qui ne les empêche pas de le stigmatiser allègrement. Ils ont la phobie des Juifs, les mosquées leur donnent des boutons, ils ont peur que les Noirs envahissent la presqu'île de Crozon, la gauche les révulse, les gens de droite sont déjà des gauchistes à leurs yeux… Ils sont des révisionnistes à tous crins, des conservateurs (et pire encore si possible), plus intégristes que les disciples de Mgr Lefebvre eux-mêmes et ne pratiquent que l'anathème. Ils sont bêtes aussi, assez souvent. Ils confisqueraient la Bretagne, son histoire et sa langue, s'ils le pouvaient. Ils sont purs et durs, la voix supposée d'un État national qui n'existe que dans leur petite tête. Ils ne rêvent que de mettre la Bretagne au pas. Ne soyons pas dupes : leur discours est macabre, leurs fantasmes sont détestables, mais ces Bretons très spéciaux ne sont en réalité que des Breizhou de pacotille. Et ce papier va les énerver.