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Les représentants de la communauté juive de Brest le reconnaissent volontiers : il n'a pas été constaté d'actes antisémites par ici depuis des années. Il n'empêche que le contexte national est prégnant et que les attaques contre les personnes ou les lieux de mémoire qu'on observe depuis quelques jours à Paris, à Strasbourg ou ailleurs deviennent bien préoccupants. Brest n'a donc pas manqué de répondre à l'appel lancé au niveau national par le Parti socialiste. Une vingtaine de formations politiques et d'associations diverses se sont retrouvées ce soir place de la Liberté, beaucoup venant de la gauche.  Des élus de droite et du centre, dont certains venus de Quimper, étaient également présents. Le Rassemblement national était absent. 

Brest était l'un des 70 rassemblements qui ont eu lieu ce soir en France. Les quelque 1 500 manifestants ont été sobrement accueillis par Yohann Nédélec (secrétaire du PS finistérien), qui a immédiatement passé la parole à Frédérique Ronot. Au nom de la Ligue des droits de l'homme, elle a stigmatisé la montée de l'antisémitisme dans notre pays et pointé le fonctionnement des réseaux sociaux : "aucune parole de haine, a-t-elle déclaré, ne doit être banalisée, car encourageant un passage à l'acte intolérable." 

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Et la présidente de la LDH d'ajouter que le risque de la banalisation c'est d'accepter que "chacun puisse être menacé, insulté, voire tué, en raison de sa religion, de qu'il est ou de ce qu'il est supposé être." Propos vivement applaudis par la foule. La chorale "Peuple et chansons" a alors interprété a capella "Nuit et brouillard", la chanson bien connue de Ferrat : "Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers…"

Aucune pancarte, pour ainsi dire, ni fanion dans la manifestation, à l'exception de quelques drapeaux de l'UDB. Une petite quinzaine de Gilets jaunes se sont fait remarquer en montant sur les marches de la mairie en brandissant de petites pancartes dont les slogans paraissaient en décalage par rapport à l'objet de la manifestation de ce soir.

Un certain "Parti breton" a par ailleurs diffusé ce jour un curieux communiqué dans lequel il "assure de son soutien les juifs de Bretagne" (et pas les autres ?) et "dénonce l'indignation sélective de la France" au motif que les manifestants de ce soir, je cite, "ne s'indignent pas des discriminations faites aux Bretons", etc. L'amalgame est indécent, et c'est l'indignation du Parti breton qui paraît outrageusement sélective. Les Bretons ce soir étaient dans la rue, peut-être pas assez nombreux, mais ils y étaient.

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