Canalblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog "langue-bretonne.org"
31 mai 2024

De nouvelles manifestations pour les langues de France

Mainfestation à Quimper le 31 mars 2012. Photo : FB.

Mainfestation à Quimper le 31 mars 2012. Photo : FB.

Cela fait un certain qu’il n’y a pas eu de larges manifestations en faveur des langues régionales comme il a pu y en avoir en Bretagne à Quimper, Guingamp ou Carhaix, et ailleurs. Il est prévu qu’il y en ait samedi 1er juin dans toutes les régions de France où sont pratiquées des langues autres que le français. Des rassemblements sont annoncés au Pays Basque, en Bretagne, Corse, Alsace, Catalogne, dans l’espace Occitanie et les autres territoires concernés.

Il est prévu qu’ils se fassent devant les préfectures et sous-préfectures des départements concernés. Dans le Finistère, ce sera donc à Brest, Quimper et Morlaix, mais pas à Châteaulin. Reste à savoir quelle sera l’ampleur de ces rassemblements. Je n’ai pas l’impression que les appels à mobilisation aient été beaucoup relayés dans les médias. Sur les réseaux sociaux peut-être ?

Plusieurs organisations sont à l’initiative :

  • le collectif “Pour que vivent nos langues”,
  • le réseau Dixan,
  • les parents d’élèves “Div Yezh” [Bilingue] pour l’enseignement public
  • et “Diwaskell Breizh” [Les ailes bretonnes] pour le privé catholique,
  • le regroupement “Kelennomp” [Enseignons] pour l’enseignement du breton
  • et le collectif d’associations “Kevre Breizh” [Le lien breton].

L’objet de l’appel lui-même est sans doute pertinent, puisqu’il s’agirait d’obtenir une modification de la Constitution au bénéfice des langues de France. Dans l’actualité, il est beaucoup question ces temps-ci d’une telle modification, mais pour traiter de diverses questions dont les enjeux sont perçus comme incontournables. Les manifestations du 1er juin suffiront-elles pour que les langues de France s’imposent également dans l'agenda des enjeux du moment ?

Ci-après, le texte de l’appel à rassemblement.

Pour le droit de vivre dans nos langues, modifions la Constitution !

En mai 2021 était votée la loi relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion dite “Loi Molac” que le Conseil constitutionnel censurait partiellement dans la foulée. Depuis, une interprétation restrictive de l’article 2 de la Constitution (qui indique notamment que la langue de la République est le français) continue à être systématiquement opposée à chaque avancée possible pour nos langues, et les problèmes se multiplient.

La situation des Fañch, Iñaki, Aña, Artús n’est toujours pas éclaircie et la liberté de choisir le prénom de son enfant avec un signe dit “diacritique” est systématiquement remise en question.

Les collectivités publiques souhaitant développer l’usage de nos langues dans leurs institutions ont été systématiquement attaquées et leurs délibérations annulées au Conseil d’État ou au tribunal administratif (Polynésie française, Communes catalanes d’Elne, Port-Vendres, Amélie-les-Bains et Tarerach, Collectivité territoriale de Corse, reconnaissance de coofficialité du Créole en Martinique).

La situation se dégrade dans l’enseignement avec :

  • l’« oubli » des langues régionales lors des réformes du collège, réformes du lycée, « choc des savoirs » et maintenant lors de la réforme annoncée de la formation des enseignants,
  • leur disparition pour les épreuves du baccalauréat et seule la lutte a permis que ce ne soit pas le cas pour le brevet cette année ;
  • la non-application de la généralisation de l’enseignement des langues régionales à tous les élèves d’un territoire qui le souhaite, inscrite dans la loi en 2021, car aucun moyen supplémentaire permettant d’atteindre cet objectif n’a été engagé par le ministère de l’Éducation nationale ;
  • les alertes de la chambre régionale des comptes de Bretagne pointant l’insécurité juridique de la circulaire de l’Éducation nationale de 2021 (censée protéger l’enseignement par immersion, suite à la censure du Conseil constitutionnel) avec sa possible remise en question à tout moment par un nouveau gouvernement, le blocage de la contractualisation de Scola Corsa et le non-renouvellement des conventions avec Seaska ou Diwan.

Nos langues ne peuvent vivre dans cette précarité

Elles ont besoin que ce qui a été construit jusqu’à présent ne puisse pas être remis en cause. Elles ont besoin que les projets d’avenir soient consolidés. Elles ont besoin d’une sécurité juridique qui nécessite dès à présent une modification de la Constitution.

C’est pourquoi le collectif Pour que vivent nos langues appelle à des rassemblements au Pays Basque, en Bretagne, Corse, Alsace, Catalogne, dans l’espace Occitanie et les différents territoires concernés, le samedi 1ᵉʳ juin 2024 pour demander une modification de la constitution maintenant !

Pour que nos langues vivent et que nous puissions vivre dans nos langues !

Commentaires
Le blog "langue-bretonne.org"
Le blog "langue-bretonne.org"

Votre blog est impressionnant autant sur le fond que sur la forme. Chapeau bas !
Un correspondant occitan, février 2020.

Trugarez deoc'h evit ho plog dedennus-kaer. [Merci pour votre blog fort intéressant].
Studier e Roazhon ha kelenner brezhoneg ivez. Miz gouere 2020. [Étudiant à Rennes et enseignant de breton. Juillet 2020].

Newsletter
Visiteurs
Depuis la création 758 477
Derniers commentaires
Archives