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Comme il n’avait jamais été posé de question sur les usages de langues en France lors des recensements successifs, on a très souvent dit et répété – et jusqu’à il n’y a pas si longtemps - qu’on ne savait rien sur le niveau de pratique de la langue bretonne et singulièrement pour le passé. On en sait plus pour la période récente puisque des enquêtes spécifiques sont effectuées par sondage sur ce sujet depuis 1990.

 Or, contrairement aux idées reçues, on dispose aussi pour les différentes périodes qui nous séparent de la Révolution française, de multiples données qui peuvent apporter un éclairage pertinent sur cette histoire. Ce fut l’un des objets de la thèse que j’ai soutenue en 1993 sur la pratique du breton de l’Ancien Régime à nos jours (Presses universitaires de Rennes, 1995). Je suis bien conscient que tout le monde ne l’a pas lue – ça va de soi - même parmi ceux qui suivent de près l’actualité de la langue bretonne. Pour autant, nombre de données de cette thèse sont généralement considérées depuis comme des acquis de la recherche. 

L'encyclopédie en ligne de BCD

J’ai été très heureux que Bretagne Culture Diversité me sollicite pour une synthèse sur ce sujet sensible pour son encyclopédie en ligne. Il y a quelques années, je leur avais déjà fourni une fiche sur la limite linguistique entre le breton et le gallo, toujours accessible. Cette fois-ci, on me demandait de traiter de la pratique sociale du breton au XXe siècle.

L’article qui vient d’être mis en ligne ce jeudi 1er décembre traite du tout début du XXe siècle. Une période cruciale puisque c’est en 1902 qu’Émile Combes, le président du Conseil (équivalent du Premier ministre aujourd’hui), décide d’interdire la prédication en langue bretonne dans les églises de Basse-Bretagne et d’obliger le clergé à enseigner le catéchisme en français aux enfants.

Dans un climat explosif, Mgr Dubillard, évêque de Quimper et de Léon, tout comme Henri Collignon, préfet du Finistère, diligente des enquêtes dans toutes les communes et paroisses de leur ressort, pour établir un état de la connaissance et de l’usage du breton. Jamais des investigations d’une telle ampleur et contradictoires de surcroît n’avaient été conduites jusque là sur cette question, et il n’y en a jamais eu d’autres depuis.

Ce sont ces résultats que je présente et que j’analyse sur le site de Bretagne Culture Diversité. Le texte bénéficie d’une présentation dynamique, avec nombre d’illustrations, des bulles et des focus. Si vous vous intéressez au breton et que vous ne connaissez pas ou pas bien cette histoire, n’hésitez pas à aller y voir. Car le livre que j’ai publié à ce sujet sous le titre de "L’interdiction du breton en 1902. La IIIe République contre les langues régionales" est épuisé.