Inizan député Sizun Tgr 2022-05-10

Il faut prendre le temps, déclare le maire de la commune, Jean-Pierre Breton, dans Le Télégramme de ce mardi 10 mai. Il a prévu une concertation avec les parents d’élèves de l’école, puis avec les élus de la commune, avant que le Conseil municipal soit appelé à décider au mois de juin prochain si le nom de "cet illustre inconnu" sera effectivement donné à l’école élémentaire.

Au départ, l’initiative en revient à un ancien proviseur de l’Éducation nationale, Patrick Hervé, qui découvre en 2014 qu’Yves Inizan, le député de Sizun en 1791, intervient le 26 novembre 1791 devant la première Assemblée nationale issue de la Révolution, pour proposer de traduire l’Acte constitutionnel en breton. Finalement, il ne l’a pas fait.

Cécile Renouard, journaliste à la rédaction du Télégramme à Morlaix, m'a contacté en tant qu'expert (c'est elle qui l'écrit) il y a quelques semaines pour en savoir plus sur la politique qu’a réellement suivie la Révolution française à cette époque à l’égard des langues autres que le français qui se parlaient alors en France. Je découvre par la même occasion qu’on ne savait pas grand-chose sur le député Yves Inizan lui-même. J’ai publié le résultat de ces différentes recherches le 13 avril dernier, accessible infra sur ce blog.

Yves Inizan, un girondin discret sous la Convention

C’est précisément ce dont traite l’article paru ce matin en page "Sizun" de l’édition de Morlaix du quotidien dans sa version papier. L'article avait été mis en ligne dès la veille sur le site du journal (photo ci-dessus).

Je n’ai qu’une remarque à exprimer sur une formulation présentée à deux reprises dans l’article, selon laquelle Inizan a été "un contemporain de Robespierre". Formellement, ce n’est pas faux :

  • car Robespierre a été député de Paris à la Convention du 5 septembre 1792 au 28 juillet 1794, et il en a été le président pendant quinze jours en juin 1794. Mais le 9 Thermidor an II (29 juillet 1794), ses adversaires le font arrêter et il est guillotiné dès le lendemain. 
  • quant à Yves Inizan, il est décédé cinq ans plus tard, le 6 Thermidor an VII, soit le 24 juillet 1799.

Comme lui ne s’est pas présenté pour être élu à la Convention et qu’il est resté extrêmement discret pendant toute la période qui a suivi (lire le message plus bas), on peut supposer de sa part une certaine prise de distance par rapport aux événements qui se sont déroulés par la suite. S’il a bien été un contemporain de Robespierre, il est  resté girondin et, à la différence d'un autre ancien député du Finistère, il n'a été ni montagnard ni robespierriste.