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Mais les danseurs ont bien dansé et les sonneurs ont bien sonné. Pour battre le record homologué au Guinness World Records Book, il aurait fallu que se soient rassemblés plus de 3 200 danseurs aux Capucins, à Brest, ce dimanche 31 octobre. Ce fut le cas il y a deux ans à l’initiative de la fédération Sked, à Saint-Renan. Les organisateurs du festival Deus ’ta n’ont donc pas gagné leur pari, puisque sous l’étrave du canot de l’Empereur il y en a eu la moitié moins, soit 1 600, selon Ouest-France, et encore moins, soit 1 200, d’après Le Télégramme. Vu de la tribune du 2e niveau des Capucins, il était évident qu’il n’y en avait pas 3 000. Quelle explication ? Peut-être que depuis l’arrêt complet des festou-noz du fait des confinements successifs, les danseurs n’ont pas encore tout à fait retrouvé leurs habitudes d’avant la pandémie.

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En tout cas, pas de gavotte sans sonneurs ni sans chanteurs. Avec toute la puissance sonore d’un bagad, la Kevrenn Sant-Mark de Brest, en formation statique, a pu s’exprimer pleinement sous la voûte des anciens ateliers des Capucins. Deux jeunes chanteuses de kan-ha-diskan ont également accompagné les danseurs avec conviction.

Les médias en langue bretonne en débat

Ce week-end de festivités aux Capucins avait été précédé de diverses autres animations depuis le début du mois. Après une visite du CRBC, le Centre de recherche bretonne et celtique, avait été ainsi organisée le 7 octobre une table ronde sur les médias en breton.

Il m’avait été demandé, en raison de mon parcours sans doute, de présenter en préambule une rétrospective historique des médias en langue bretonne en 15 minutes chrono. Une gageure puisque cette histoire a démarré dès la première moitié du XIXe siècle avec la publication des tout premiers périodiques en breton et qu’elle en est aujourd’hui à l’émergence de médias numériques, que ce soit en télévision, en radio ou sur Internet. 

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La question générale posée lors du débat qui a suivi était de savoir si des médias en breton peuvent être des outils clés pour la réappropriation. Autrement dit, peuvent-ils contribuer à l’inversion du changement linguistique ? 

Des acteurs de l’espace médiatique actuel en langue bretonne avaient ensuite été invités à présenter leur point de vue :

  • Le youtubeur Roderic Halleguen
  • Anna Lincoln, de la société de production Kalanna
  • Morgane Bramoullé, de Radio Kerne
  • Mathieu Herri, journaliste bilingue à France 3 Iroise.
  • La table ronde a été animée par Stefan Moal, maître de conférences en celtique à l’Université de Rennes 2.

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Ont été abordés, fort posément et souvent dans le détail, les difficultés rencontrées, mais aussi les enjeux et les opportunités qui s’offrent aujourd’hui pour vivifier la pratique de la langue. Il a été question de programmes et de leur mise en œuvre, de moyens, des audiences. Du niveau de langue à utiliser à l’antenne aussi et du profil social et linguistique des bretonnants sollicités pour intervenir dans ces programmes. Et enfin des perspectives d’évolution envisageables.

Pas étonnant que le débat, auquel assistait une cinquantaine de personnes, ait duré quelque deux heures et demie. Des échanges ont également eu lieu avec le public. Le dernier intervenant, André Lavanant, assurait qu’en matière de programmes en breton rien n’avait bougé à France 3 depuis quarante ans. On aurait pu lui faire remarquer que les projets de télévision qu’il a imaginés ou qu’il a soutenus il fut un temps n’ont pas abouti ou qu’ils n’ont pas perduré. Mais à 23 heures il était bien tard pour prolonger la discussiion sur un sujet aussi complexe…