Il l'a publiée sur le site de l'Agence Bretagne Presse, à la suite de mon post précédent. Sa réponse a suscité pas mal de réactions, qui lui sont favorables. Est-ce que je devrais réagir aux différents qualificatifs dont m’affublent ces commentaires, entre supputations et procès d’intention ? Si ces propos anticipent la Bretagne de vos rêves, elle ne sera assurément pas un pays de tolérance. Je ne vais donc pas commenter des commentaires qui partent dans  tous les sens et dans lesquels je ne me retrouve pas. Je rassure tout le monde : je ne crois absolument pas à la fin de l’histoire, ni pour les Bretons, ni pour la Bretagne, ni pour la langue bretonne, ni pour la terre entière ni pour rien. Elle ne s’écrira pas non plus forcément sur la base de schémas simplificateurs ou préconçus. 

À côté de cela, la formulation de la réponse courte que me fait Yvon Ollivier me paraît presque posée. Je lui fais cependant remarquer brièvement que c'est pour éviter toute confusion que j’ai pris soin de dater et de contextualiser l’axiome de Carl Schmitt (1922, donc d’avant son adhésion au nazisme), ce qu’il ne faisait pas. 

Pour autant, je ne confonds justement pas souveraineté et démocratie : sur le fond, la question est de savoir si les deux concepts sont conciliables et jusqu'à quel point. Yvon Ollivier assure dans sa réponse qu’"un pouvoir démocratique peut être plus ou moins souverain", soit. Tout en précisant qu’"il suffit juste de le vouloir." Effectivement, celui qui le détient peut toujours, s’il le veut pour de bon, trouver le moyen de le consolider pour installer un pouvoir qui tout d’un coup se révèle plus souverain que ne le prévoyait, par exemple, la Constitution antérieure. 

À cet égard, la pensée de Schmitt est dès 1922 une contestation, voire la négation ou l’antithèse de la démocratie. Qu’on en fasse un objet d’étude universitaire ne me choque pas en soi. S’en prévaloir pour justifier de la transformation du mode de fonctionnement d’un pouvoir démocratique vers davantage de souveraineté relève d’une autre démarche. C’est la raison pour laquelle je signalais que l’émergence de démocraties autoritaires en Europe, dans les Amériques et ailleurs est généralement perçue comme une dérive : seuls s'en défendent ceux qui en sont les promoteurs ou les thuriféraires. Dans des pays de longue ou de récente tradition démocratique, l’adoption de lois d’exception dont on prolonge ensuite la durée, au motif d'une pandémie par exemple, peut également se révéler problématique. C’est tout ce que je dis. 

J'ai également transmis ce texte en vue de son insertion dans les commentaires sur le site ABP.