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Ça s’est passé il y a quelques jours à Brest dans l’atelier du peintre Paul Bloas. Cela s’imposait, car l’un et l’autre se connaissent bien, tant et si bien que c’est une création du peintre qui fait la couverture du nouveau roman du Landernéen, qui n’en avait plus écrit depuis une dizaine d’années. La présentation a d’ailleurs eu lieu devant une variante du tableau de la couverture en géant de papier, sans doute destinée à être collée sur le mur d’une bâtisse ou sur un pilier de pont à Brest même ou ailleurs, selon la pratique habituelle de l'artiste. C’était une amusante mise en perspective.

De Ludivine Kirchner, il avait déjà été question dans Garce d’étoile, le tout premier ouvrage publié par Hervé Bellec en 1990 aux mythiques éditions Bretagne et plusieurs fois réédité depuis. Il l’avait rédigé sous la forme d’un récit à son retour d’un pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle et se signalait déjà par une écriture singulière. Le récit s’inspirait largement des rencontres qu’il avait faites sur les chemins de Saint-Jacques.

Le roman qu’il vient de publier s’inspire aussi du réel, mais l’auteur insiste pour le présenter comme une fiction à part entière, si bien que l’éditeur l’affiche comme un road-trip cocasse et romantique. Dans le roman, Ludivine, ou Lulu tout simplement, a rajeuni, et c’est le privilège du romancier que de l’imaginer. Lulu et le musicien de jazz en burn-out qu’elle rencontre sont de la même génération. Elle l’épate en raison de son métier peu commun par les temps qui courent, puisqu’elle passe sa vie à faire des pèlerinages par procuration pour le compte de ceux qui ne savent pas prendre le temps de le faire ou ceux qui ne le peuvent pas.

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Je n’ai pas encore lu le livre, car on me l’a aussitôt emprunté. Mais je l’ai entendu, ou plus précisément j’en ai entendu des extraits prometteurs. Car Hervé Bellec, lorsqu’il présente son nouveau roman, ne se contente pas d’en raconter la genèse, il en lit des passages entiers. Trois, très précisément, énoncés d’une vive voix qui s’affirmait au fil de la lecture, l’autre soir, dans l’atelier de Paul Bloas. Avec en prime un poème rédigé à l’occasion de la Saint-Valentin à l’attention de sa fiancée et dont on comprend qu’il est d’une tonalité bien plus intime que celle du roman. On le croit sur parole.

La trentaine de personnes présentes dans l’atelier de Paul Bloas a aussi apprécié que l’écrivain ait été accompagné cette soirée-là du guitariste Olivier Polard pour un vrai moment de partage entre un auteur et ses lecteurs. Hervé Bellec est un écrivain paisible et chaleureux, au ton juste un peu décalé, qui se faufile dans le cercle assez restreint des auteurs bretons dont la notoriété pourrait avec ce roman atteindre une nouvelle dimension. Il va lui falloir du coup arpenter des territoires bien au-delà du Finistère.

  • Hervé Bellec. Lulu tout simplement. Aux Presses de la Cité, 320 p., 20 €.
  • Pochaine présentation du roman : librairie Dialogues, à Brest, jeudi 12 mars, 18 heures.