Partons en live

Quand j'ai quitté Plougastel-Daoulas hier soir après la cérémonie des Priziou - je vais en reparler sans tarder - c'est sur France Inter que s'est allumée mon autoradio. La station diffusait une musique que j'ai trouvée plutôt agréable, j'ai compris assez vite qu'il s'agissait d'un mini-concert. J'étais sur l'émission "Partons en live".

Au bout de trois morceaux, l'expert maison, André Manoukian, a pris la parole pour interviewer Flavien Berger - c'est son groupe qui jouait. L'échange entre le musicien et la philosophe Laurence Hansen-Love ne manquait pas d'intérêt. Il était question des modalités d'expression des jeunes artistes aujourd'hui, dans le nouveau contexte de l'économie du disque et de la facilité d'accès à de nouveaux outils technologiques. Et c'est la raison pour laquelle Flavien berger s'intéresse autant à la vidéo qu'à la musique.

Le plus Caribéen des Celtes

Et voilà tout à coup qu'André Manoukian annonce la présence de Denez Prigent. Lui aussi va interpréter trois morceaux de sa composition, dont l'un est inspiré d'une musique grecque, et l'autre est une gwerz que le chanteur a composée sur la grande famine qui a fait des millions de victimes en Ukraine dans les années 1930. Ce qui a frappé Manoukian, c'est le timbre de voix du chanteur breton.

Les animateurs de radio sont parfois bien étonnants : il leur faut tout le temps des comparatifs et des superlatifs. André Manoukian a ainsi présenté Denez Prigent comme le plus Caribéen des Celtes (sic). Puis il l'a remercié en le qualifiant de… créole celte ! Celte, à la rigueur, mais Caribéen ? Je suppose que c'était gratifiant pour Denez.

Le Breton en tout cas lui a expliqué - et il a bien fait - que le terme breton "gwerz" n'avait pas besoin d'être traduit, que ce n'est pas exactement une "complainte" et qu'il constitue un genre musical en soi, de même que le fado ou le blues.

Tout est prévu dans cette émission pour donner l'impression du live. Il peut quand même y avoir de petites failles. C'est ainsi que Denez Prigent a présenté Jonathan Dour comme l'un des musiciens de son groupe, comme s'il était sur place. Il faut croire que Jonathan a le don d'ubiquité, puisqu'il était également présent hier soir sur la scène de l'Avel-Vor, à Plougastel, pour la cérémonie des Priziou. Je l'ai vu de mes yeux et entendu de mes oreilles, et 250 autres personnes comme moi. Comme quoi, la radio ne peut pas tout prévoir !