Le sondage CSA effectué pour le compte du Conseil général du Finistère permet de savoir non seulement combien de Finistériens parlent couramment le breton aujourd'hui (voir message précédent), mais aussi de connaître leur opinion par rapport à la langue. Cinq questions leur ont été posées à cet effet.

La langue bretonne perçue comme un patrimoine

La première de ces questions visait à repérer ce que représente la langue bretonne pour les personnes interrogées, autrement dit : de quoi parle-t-on lorsqu'il est question de langue bretonne ? Est-ce une question d'identité ou de patrimoine, ou le breton est-il tout simplement un moyen de communication comme un autre ?

Les personnes interviewées étaient d'abord invitées à exprimer ce qui était leur premier choix, puis à indiquer un ou d'autres choix dans un deuxième temps. Le total des réponses est supérieur à 100, puisque les interviewés avaient la possibilité de donner plusieurs réponses.

3 CSA CG29 breton patrimoine

  • Pour les Finistériens, la langue bretonne apparaît avant tout comme un patrimoine à conserver : 60 % d'entre eux l'indiquent en premier choix et le total des réponses s'élève à 87 %. Cette conviction est tout à fait conforme à ce qu'ont généralement exprimé les Bas-Bretons dans leur ensemble lors de tous les sondages effectués depuis une vingtaine d’années.
  • Mais ils ne sont que 4 % (en premier choix) et 23 % (au total) à estimer que le breton est un moyen de communication comme les autres. La faiblesse de ces pourcentages traduit d'une certaine manière l'idée que la langue ne paraît pas aujourd'hui comme étant réellement indispensable pour la communication ni pour les échanges.
  • Ceux qui la considèrent comme un marqueur de l'identité bretonne sont bien plus nombreux : 16 % l'expriment en premier choix et 59 % au total.
  • On notera enfin que 19 % (en premier choix) et 43 % (au total) sont convaincus que c'est une langue en voie de disparition.

La signalisation bilingue : un marqueur culturel

Les Bretons (sur l'ensemble des cinq départements) sont dans leur majorité favorables à la signalisation bilingue sur les panneaux routiers ou les bâtiments publics, avec des nuances cependant. D'après le sondage TMO Régions de 2007, ils approuvaient le bilinguisme

  • à 75 % pour les panneaux routiers
  • à 68 % dans les aéroports et les gares
  • et à 55 % sur le lieu de travail.

L'approche de CSA est différente puisqu'elle vise à repérer ce que représente pour les interviewés la présence du breton sur les panneaux de signalisation routière ou sur les bâtiments publics.

5 CSA CG29 breton signalisation

Les Finistériens ne semblent pas convaincus de l'intérêt pratique de la signalisation bilingue en matière de panneaux routiers ou sur les bâtiments publics :

  • 3 % seulement estiment qu'elle peut leur être utile pour s'orienter
  • le taux de ceux qui sont convaincus de l’inutilité de cet affichage est 5 fois plus élevé, à hauteur de 16 %.
  • par contre, 19 % estiment qu'elle peut contribuer à l’attraction touristique du département
  • surtout, 61 % la considèrent comme étant avant tout un marqueur culturel.

Le bilinguisme dans l'administration

Il a ensuite été demandé aux personnes interrogées si, d'après elles, les documents diffusés par le Conseil général doivent être proposés en breton en plus du français.

6 CSA CG29 breton documents

Les points de vue à l'égard du bilinguisme dans l'administration sont plus contrastés :

  • 56 % ne voient pas l'intérêt pour le Conseil général de diffuser des documents en breton
  • 43 % y sont favorables.

L'initiation au breton des élèves du primaire

Le Finistère est le seul département à proposer une initiation à la langue bretonne aux élèves de primaire de l'enseignement public. Au départ, l'enseignement privé catholique était également concerné par ce dispositif, mais il s'en est retiré au bout de quelques années. Le but était de ne pas réserver tout contact avec la langue bretonne aux seuls enfants des classes bilingues et de faire en sorte que le plus grand nombre de petits Finistériens puissent en acquérir quelques bases.

La question suivante a donc été posée aux personnes interrogées dans le cadre du sondage CSA : êtes-vous favorable à ce qu'une sensibilisation à la langue bretonne soit proposée aux élèves dès le primaire ?

4 CSA CG29 breton initiation

Les résultats sont tranchés :

  • plus des deux tiers, soit 68 % des personnes interrogées, y sont favorables
  • 31 % ne le sont pas.

Il s’agit là d’un résultat consensuel de la part de l’ensemble de l’échantillon : les sondages antérieurs ont tous fait état d’une opinion largement favorable, par principe, à l’enseignement du breton.

La notoriété des radios en langue bretonne

Une dernière question portait, non pas sur les habitudes d‘écoute des radios émettant en langue bretonne, mais sur la notoriété de chacune des stations proposant des programmes en breton. Il était demandé aux personnes interrogées de citer le nom d'une ou de plusieurs de ces stations.

7 CSA CG29 breton radios

On notera tout d’abord que 4 personnes interrogées sur 10 - c'est beaucoup - sont incapables de citer le nom d’aucune de ces stations.

Le service public est largement reconnu pour ses émissions en breton : si on cumule ceux qui en parlent toujours comme étant RBO et ceux qui connaissent bien l’appellation actuelle de France Bleu Breizh-Izel, il recueille le maximum de citations, soit un total de 51 %.

Parmi les radios associatives émettant en breton exclusivement,

  • 8 % connaissent Radio Kerne dans le sud du département
  • par contre, Arvorig FM n’est connue que de 3 % dans le nord.

Parmi les radios bilingues, Radio Kreiz Breizh, toute costarmoricaine qu’elle soit, est citée par 6 % des personnes interrogées. Il est vrai qu’elle est, au sens propre, la radio du centre Bretagne.

Rappel, pour en savoir plus :