Les obsèques de l'ancien maire de Douarnenez, Michel Mazéas, ont été célébrées hier en présence d'une foule de plusieurs centaines de personnes. Il est décédé cette semaine à l'âge de 85 ans. Il avait été le maire de la ville pendant 24 ans, de 1971 à 1995. Il était communiste assurément, mais faisait belle équipe avec le socialiste Jean Peuziat. Il était homme de conviction et de tempérament, c'est certain, mais il était ouvert à la discussion et prenait part activement aux débats de la cité. Douarnenez s'était identifiée à lui, et lui à sa ville. Il aura été le dernier d'une longue lignée de maires communistes de la capitale penn-sardin.

Christian Gouérou, dans Ouest-France, a souligné qu'il avait été élevé dans la langue bretonne, en précisant "la langue populaire". C'est vrai. Mais le breton n'a pas été seulement la langue de son enfance. Il l'a toujours parlé spontanément, autant que de besoin : avec les Douarnenistes qui le savaient, avec les marins du port, avec les gens de passage. Il le parlait avec une belle aisance, ayant la capacité de plus en plus rare de s'exprimer sur tout sujet aussi fortement ou aussi subtilement que nécessaire en breton comme en français.

Michel Mazéas a été un très bon interlocuteur pour les journalistes et animateurs d'émissions en langue bretonne, à la radio comme à la télévision, toujours disponible et affable. Il défendait ses idées politiques lors des débats électoraux, comme en 1986 dans "An taol-lagad", face à Louis Goasduff, Marcel Lélias ou Herri Gourmelen. Il savait s'indigner lors de l'immersion de bateaux de pêche dans les années 1980, s'enthousiasmer pour vanter les produits de la mer ou promouvoir le port de Douarnenez, se passionner pour la restauration du village des Plomarc'h ou pour présenter l'église de Ploaré. Il le faisait de sa voix caractéristique, d'une élocution assez posée en breton et d'une belle expressivité.

Michel Mazéas était un passionné d'histoire et de culture. Je garderai de lui le souvenir d'un bretonnant qui ne manquait pas d'humour et qui appréciait énormément d'échanger avec qui le voulait bien dans sa langue première.