Muscadet

Lisant un peu tardivement le dernier Dimanche Ouest-France – celui du 8 octobre – j'apprends que la Bretagne produit tous les ans mille litres de vin, surtout du blanc. Cela fait une dizaine d'hectolitres. Bien qu'ils soient en baisse, on est forcément très loin des chiffres de la production de Muscadet (également considéré par beaucoup comme un vin breton) en Loire-Atlantique et dans quelques communes limitrophes : on en avait récolté 640 000 hl en 2008, et 373 000 en 2010.

Selon l'article de Kate Stent, le nombre de vignerons - amateurs - concernés serait d'une quinzaine en région Bretagne. Le sommelier Christophe Boisselier en dénombre beaucoup plus, entre 100 et 200, mais le territoire concerné n'est pas le même : sur le site "Goûts d'ouest", il comptabilise en effet ceux qui sont en dehors du vignoble nantais, du nord de la Loire à Rennes et à Quimper.

Il faut croire que le blanc de Bretagne est excellent. Gérard Alle, coauteur de l'opus "Le vin des Bretons", était présent à Renac, dans le pays de Redon, samedi dernier, pour la rencontre des producteurs de vin bretons. D'après les propos qu'on lui prête, on recensait 10 665 débits de boisson en Bretagne à la veille de la dernière guerre, soit 1 pour 71 habitants.

Là, j'ai écarquillé les yeux. Je n'ai pas réussi à vérifier cette statistique de 10 665 débits. Mais il y a sûrement quelque chose qui ne va pas : ou c'est le nombre de débits qui est faux, ou c'est la moyenne par habitant. Parce qu'avec un débit pour 71 habitants, il n'y aurait eu à cette date et sur cette base que 757 215 habitants en Bretagne. Or on en a recensé 2 396 647 en 1936, soit presque trois fois plus ! Cherchez l'erreur.

Ne faudrait-il pas consommer le vin blanc de Bretagne avec d'autant plus de modération qu'on en produit peu ? Ceci n'était qu'un clin d'œil amusé.