Kemper_1J'ai eu l'occasion de faire un aller-retour à Quimper aujourd'hui (ça m'arrive moins souvent désormais). En entrant en ville, j'ai bien cru voir un panneau 4x3 sur lequel il était question de parler breton. C'est tellement peu courant que j'ai fait demi-tour au premier rond-point. En revenant vers le centre-ville, j'ai revu le panneau, mais il y avait bien trop de texte pour que je puisse tout lire sans ralentir la circulation.

En rentrant chez moi, j'ai cherché à savoir ce qu'il en était sur internet. Les panneaux 4x3 sont apparemment en place depuis le 21 février. Il y en a 11 dans tout Quimper, comme les 11 établissements scolaires bilingues (sous-entendu breton français) de la ville. Une belle initiative conjointe de "Ti ar vro Kemper" (l'entente culturelle de pays), de la ville de Quimper et du Conseil général du Finistère. C'est, typiquement, le genre d'initiative qu'il aurait été judicieux de mettre en œuvre sur le plan régional à l'occasion de la semaine de la langue bretonne.

Une affiche surchargée

On peut ensuite discuter de la conception de l'affiche. Il y en a qui, semble-t-il, critiquent le dessin du triskell à l'envers : en dehors de la typographie, c'est d'ailleurs le seul élément graphique. Si l'on considère la présence d'un triskell indispensable pour assurer la promotion de l'enseignement du breton, pourquoi ne pas innover, après tout ? Personnellement, ce que je ne suis pas parvenu à mémoriser en passant en voiture (deux fois !) devant le panneau, c'est la quantité d'informations qu'il m'aurait fallu capter en quelques secondes :

  • quatre lignes de texte pour comprendre que 701 enfants, à Quimper, sont heureux d'être scolarisés en breton : personne n'en doute.
  • puis un slogan selon lequel "il est de bon ton, de parler breton"
  • enfin, un renvoi vers un site internet, mais en tous petits caractères.

Kemper_3Les allitérations du slogan

C'est le slogan qui, finalement, m'interpelle le plus, d'autant qu'on le retrouvait sur les panneaux d'abribus en ville (avec des formules beaucoup plus synthétiques, fort heureusement). Ainsi donc est-il "de bon ton de parler breton". L'expression est jolie, et rime bien : je comprends qu'il est chic, désormais, de savoir le breton à Quimper. Ça change, par rapport à ce qui se disait au milieu du siècle dernier.

J'ai cependant eu la curiosité de vérifier le sens de l'expression "de bon ton" dans mes dictionnaires :

  • L'un me dit que c'est obéir aux convenances, être convenable, correct, comme il faut, BCBG, voire bourgeois.
  • L'autre évoque les manières considérées comme raffinées et celles qui prévalent dans un milieu donné.
  • Le dictionnaire breton d'Andreo ar Merser la traduit par "er hiz vad".
  • Dans son récent opus, Martial Ménard indique "dereat" pour "de bon ton" et "dereadegezh" pour "le bon ton" – deux termes qui ont également rapport à la convenance.

Le site internet

Celui, plutôt bien fait, sur lequel renvoient les panneaux 4x3 fournit toutes les indications utiles à l'intention de tous ceux qui voudraient apprendre le breton dans le pays de Quimper, ou qui voudraient le faire apprendre à leurs enfants. Le principal argument mis en avant sur les panneaux d'abribus met précisément en avant l'élément selon lequel "apprendre le breton, enfant, facilite l'apprentissage des autres langues".

Une carte dynamique permet de savoir où sont localisés tous les établissements où l'on peut étudier le breton dans le pays de Quimper. Une foire aux questions explique, entre autres, pourquoi apprendre le breton plutôt que l'anglais. Toutes les adresses sont fournies. Des portes ouvertes ont été organisées la semaine dernière dans plusieurs écoles.

Pour en savoir plus : http://apprendrelebreton-paysdequimper.com