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Le compositeur breton est décédé à l'âge de 85 ans, avant que n'aboutisse le projet d'un double CD que plusieurs de ses amis musiciens avaient imaginé d'éditer en son honneur. C'est l'un des grands précurseurs méconnus du revival de la musique bretonne, bien actif avant "l'épopée stivellienne" (selon l'expression d'André-Georges Hamon).

Je l'ai croisé pour ma part à la fin des années 1960 à Brest, alors qu'il avait fondé le groupe des Kabalerien pour faire connaître "la chanson bretonne" dans une nouvelle approche à la fois musicale et vocale. Les groupes se sont ensuite multipliés, mais (toujours selon A.G. Hamon), "ils n'ont jamais réussi à supplanter les Kabalerien dans le domaine de l'utilisation des voix". Quelques années plus tard, nous avions eu l'opportunité d'enregistrer pour la radio "Dasson Breiz", une rapsodie pour cordes, harpe et piano qu'il avait composée.

P.Y. Moign a été le créateur et le premier directeur, à Brest, du Centre breton d'art populaire, qui initie chaque année plusieurs dizaines de jeunes à la musique bretonne.

Jean-Bernard Vighetti, le nouveau président du Conseil Culturel de Bretagne, lui a rendu hommage dans les termes suivants :

  • Pierre-Yves était un ami, et, surtout, un compositeur breton d'exception. Il a su - contrairement à nombre de ses pairs qui n'avaient recours qu'à la citation - revisiter, de façon magistrale, dans ses œuvres, la façon d'exploiter le fond musical traditionnel de Bretagne, en le respectant totalement dans sa forme et son essence, un peu à la manière de Bela Bartok et de Kodaly en Hongrie.
  • La Gwerz Morvan, œuvre symphonique, commandée par le festival des Tombées de la Nuit et créée en 1981, à l'Opéra de Rennes, puis Salaun ar Foll, toujours aux Tombées de la Nuit en 1983, sur des textes de Youenn Gwernig et Paol Keineg en sont la démonstration.
  • Il a su aussi transmettre et partager son art au Centre Breton d'Art Populaire. Je me souviens encore du bonheur de Kristen Nogues, la célèbre harpiste bretonne prématurément décédée, d'avoir pu suivre ses cours, qui lui avaient ouvert de nouvelles et grandes perspectives dans son écriture musicale.

Les obsèques de P.Y. Moign seront célébrées au cimetière de Plouguerneau vendredi 22 mars, à 16 heures.