défis toponymieEn Bretagne, on est très sensible aux questions relatives à la toponymie. Ailleurs aussi. La preuve : quarante linguistes spécialistes de la toponymie, venant de quinze pays différents, vont se réunir jeudi et vendredi prochains, les 22 et 23 mars, à l’Université de Rennes 2 pour parler de toponymie synchronique. L’affiche annonçant le colloque est hautement symbolique à cet égard. Le colloque s’intitule précisément : "Défis de la toponymie synchronique : structures, contextes et usages".

Plus que d’autres classes de mots, le nom propre est au carrefour des langues et, à ce titre, les toponymes – que la majorité des chercheurs en onomastique ne considèrent plus comme une simple étiquette – ont fait l’objet d’une attention toute particulière.
Preuve en est l’augmentation très sensible, ces dernières années, de la production d’articles et d’élaboration de projets d’étude qui posent au centre de leur problématique scientifique la description et l’analyse synchronique des toponymes…
Les conférences, en anglais ou en français, traiteront de sujets variés :

  • les travaux de l’ONU pour normaliser l’usage des toponymes dans la communication internationale
  • le travail de l’Office Public de la Langue Bretonne pour la toponymie régionale
  • l’analyse grammaticale, sémantique et pragmatique de l’usage des toponymes dans les médias
  • l’étude de l’usage des toponymes dans des contextes autres que proprement géographiques (narration, questions identitaires et politiques relatives au choix du nom de lieu)
  • le traitement des toponymes dans les domaines administratif et cartographique…

Ce colloque sera donc l’occasion de faire l’état de la question et d’identifier la valeur heuristique de la recherche synchronique en toponymie pour la description des langues.
Parmi les communications prévues, quatre seront des conférences plénières. On notera la présence d’une représentante de l’ONU, Maria Barros. Les intervenants viennent des USA, d’Autriche, d’Italie, de Finlande, d’Algérie, de Roumanie, du Canada, du Mexique, de Géorgie, etc. Et bien sûr de France.
Plusieurs intervenants bretons sont annoncés :

  • Małgorzata Mandola (Rennes 2) sur le statut linguistique du nom propre
  • Fernande Krier (Rennes 2) sur Quelques aspects de la microtoponymie d’Esch-sur-Alzette (Luxembourg)
  • Marie-Claude Lebot & Martine Schuwer (Rennes 2) sur les propriétés morphosyntaxiques des toponymes complexes français
  • Marie-Noëlle Gary-Prieur (Lille 3) & Michèle Noailly (Université de Bretagne occidentale) : Les noms propres de ville : à quel type de lieu renvoient- ils ?
  • Pierre de La Robertie (Rennes 2) : L’exonyme en chinois
  • Hervé Le Bihan (Rennes 2) : Pour une étude syntaxique des toponymes
  • Betina Schnabel-Le Corre (Rennes 2) : Prepositional Phrases and Coordinations in Toponyms : a Contrastive Study of Germanic and Romance Languages
  • Jonas Löfström (Rennes 2) : Is there a possible common grammar for a synchronic description of toponyms in different linguistic systems ?
  • Hervé Gwegen (Office de la Langue Bretonne, Carhaix, France) : La normalisation toponymique en Bretagne.

Le programme complet du colloque : de_fis_coll_toponym_web