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Il était temps de partir sur les traces de Maria Prat et des mythiques Veillées bretonnes du Trégor ! C'est le credo d'une nouvelle troupe qui s'est créée il y a quelques mois autour de Cavan sous le nom de "C'hoari las" (on s'amuse). Mais pas question de rejouer du Maria Prat : c'est daté, c'est d'un autre temps.
Les Veillées ont été créées à l'initiative de Roger Laouénan, puis animées par Maria Prat et Fañch Danno, avec le concours de comédiens comme Bernard Le Ny et Tinaig Perche et de nombreux autres interprètes. Elles ont proposé dans les années soixante et soixante-dix une quinzaine de spectacles par an, intégralement en langue bretonne, qui attiraient à chaque fois des dizaines, voire des centaines de spectateurs. Les Veillées font incontestablement partie de la mémoire collective du Trégor. C'est d'ailleurs une histoire qui reste à écrire.
La troupe "C'hoari las" s'en démarque donc, pour ce qui est de l'inspiration tout au moins. Leur premier spectacle a été "Mirdi", adaptation en breton du "Musée haut Musée bas" de Jean-Michel Ribes. La pièce a été jouée une dizaine de fois dans le secteur de Lannion et Cavan, mais aussi à Douarnenez et Quimper, à chaque fois dans des lieux de vie ou des cafés. Comme elle a réuni à chaque représentation une vingtaine de spectateurs au moins, une cinquantaine parfois, la troupe n'est pas mécontente du tout de son résultat.

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Se divertir en breton
La nouvelle création de "C'hoari las", c'est pour samedi prochain, le 15 octobre. Le titre : "Argad al lastez". C'est à nouveau une traduction libre (et partielle : sept sketches sur quinze) du texte original en français d'un auteur trégorrois, Etienne Saint-Laurent : "Les déchets attaquent". L'argumentaire est assez explicite : quel est le point commun entre un sac pour chiens, le nucléaire, les politiciens et les contestataires ? Il s'agit donc d'un coup de projecteur sur des sujets d'actualité : politique, écologie, travail, consommation…
Les douze comédiens de "C'hoari las" sont instituteurs ou enseignants de breton et sont donc tous des amateurs. S'ils ont créé la troupe, c'est pour utiliser la langue bretonne au jour le jour, pour se divertir et échanger des compétences. Ils sont en répétition tous les mardis à Cavan et bénéficient de l'intervention régulière de Tony Foricher, un professionnel qui les fait travailler sur le jeu et la mise en scène. Le breton est pour eux la langue seconde, mais ils s'expriment en trégorrois pour être mieux en phase avec leur public et parce que l'accent du Trégor leur plaît bien !
Pour en savoir plus : le site en VF et en VB de "C'hoariva", la structure qui regroupe les différentes troupes de théâtre en langue bretonne : http://www.teatr-brezhonek.org/