Baron Yannig

Yannig Baron est le chroniqueur attitré du mensuel "Le Peuple Breton" pour commenter chaque année à la même date les chiffres de la rentrée bilingue. Son verdict pour 2011 : “un peu mieux que l’an dernier… mais pas de quoi hisser le grand pavois !
Les chiffres que publie l’ancien président de “Dihun” diffèrent quelque peu de ceux que j’ai moi-même produits sur ce blog (voir messages des 22 et 30 septembre derniers) :

  • ceux concernant Diwan correspondent exactement
  • il y aurait selon lui 46 élèves en moins dans l’enseignement public
  • 21 élèves en moins dans l’enseignement privé catholique.

Forcément, le nombre total d’élèves inscrits dans une filière bilingue s’en ressent : selon Yannig, il n’y en aurait que 14 107 et non pas 14 174, soit 67 élèves de moins. Il en comptabilise 10 de moins dans le Morbihan, 21 de moins en Ille-et-Vilaine et 36 de moins en Loire-Atlantique.
Le différentiel intervient dans le secondaire. Yannig Baron se veut sélectif et ses critères ne correspondent apparemment pas à ceux des inspecteurs. Il retire donc de lui-même le qualificatif de “bilingue” à deux collèges : ceux-ci ne pratiqueraient-ils pas déjà le système “bilangues” sans le savoir ?
Paradoxalement, l’augmentation des effectifs affichée par Yannig Baron par rapport à 2010 est plus forte, puisqu’il avance un taux de 5,35 % au lieu de 5,09 %. Il est vrai que son bilan 2010 était déjà inférieur à celui de l’administration. Il conclut son article

  • sur une note pessimiste : “quatorze mille ou vingt mille élèves dans dix ans ne sauveront pas le breton”, écrit-il. Mais faut-il considérer que le développement de l’enseignement du et en breton ne peut se faire que par la création de nouveaux sites en maternelle, sans jamais aborder les autres problèmes ? Si la moitié des élèves abandonne ensuite le bilingue au moment de l’entrée au collège, c’est quand même un taux de déperdition considérable.
  • et sur une proposition : “changer de braquet” et mettre immédiatement en place un plan de formation des maîtres. J’en suis assez d’accord. Mais là est précisément aujourd’hui toute la difficulté.

Pour en savoir plus :
Yannig Baron. Distro-skol 2011. Le Peuple Breton, n° 573, octobre 2011, p. 10-12. L’article est rédigé en français.