Dans celle des primaires socialistes en tout cas, puisque Martine Aubry vient de prendre position en faveur de l’enseignement “obligatoire” du breton, sauf si les parents expriment clairement leur désaccord. Le scoop figure à la une du journal “Ouest-France” de ce jour. Relativisons.
Vérification faite, il ne s’agit pas d’une déclaration qu’aurait faite Martine Aubry ces jours derniers au cours d’un meeting ou d’une conférence de presse : selon les informations que j’ai pu obtenir, il s’agit d’un simple communiqué de presse dans lequel elle manifeste son accord avec la proposition de loi n° 3008 relative au développement des langues et cultures régionales, déposée à la fin de l’année dernière par Armand Jung et plusieurs autres députés. S’il ne s’agit que de cela, il n’y a rien de nouveau sur le fond dans la déclaration de la candidate aux primaires.
En réalité la formule d’un “enseignement obligatoire” ne figure pas dans le texte de cette proposition de loi : celle-ci se contente de préciser que

  • "un enseignement de langue et culture régionales est dispensé aux enfants tout au long de leur scolarité, sauf opposition dûment signalée des parents."

Le résultat est le même, mais l’impression que cela peut produire est différente. Dans l’entourage de Martine Aubry, on reconnaît que le mot “obligatoire” est une formulation “maladroite” et qu’en tout état de cause, ce n’est que par étapes que l’enseignement du breton pourrait être généralisé.
La prise de position de Martine Aubry n’en est pas moins significative. À l’approche de toute élection d’importance, la question des langues régionales devient un enjeu. Elle deviendra d’autant moins incontournable pour tout candidat à l’élection présidentielle que des manifestations sont annoncées sur ce thème pour le 31 mars 2012.

Pour mémoire : selon le dernier sondage réalisé par TMO Régions sur la pratique du breton, 86 % des Bretons sont favorables à l’enseignement du breton. Mais parmi ces derniers, seuls 6 % se prononcent pour son enseignement obligatoire alors que 77 % préfèrent un enseignement facultatif et que 15 % se prononcent en faveur des écoles Diwan ou des classes bilingues.