Les résultats définitifs du baccalauréat sont connus : 266 élèves se sont présentés à une épreuve de breton au bac cette année. Sur ce total, 101 ont passé l’épreuve de LV2 (langue vivante 2) : ce sont ceux qui ont suivi leur cursus dans l’un des réseaux bilingues (public, privé ou Diwan).
Le lycée Diwan de Carhaix a présenté 76 candidats au baccalauréat : 72 ont été reçus.

Le nouveau DCL
Par ailleurs, 200 candidats s’étaient inscrits pour la première session en langue bretonne du tout nouveau DCL. Ce Diplôme de compétence en langue n’existait jusqu’à présent que pour des langues de grande diffusion, comme l’anglais, l’allemand ou l’espagnol : s'adressant à des candidats issus de la formation continue (cours du soir, formation longue…), il peut être décerné désormais aux nouveaux apprenants de breton ou d'occitan. C'est l'Éducation nationale qui délivre le DCL. Les 200 candidats bretons, sauf un, ont été reçus, ce qui est considéré comme un bon chiffre.

Les concours de PE et de PLC
Les concours de recrutement de Professeur des écoles bilingue sont également terminés :

  • Sur 16 postes à pourvoir dans l'enseignement public, 7 ont été pourvus
  • Les 5 postes à pourvoir dans l'enseignement privé catholique ont été pourvus
  • Il en est de même à Diwan : 3 postes pourvus pour 3 à pourvoir.

Aux concours de recrutement de PLC (Professeur des lycées et collèges), les 2 postes à pourvoir au CAPES de breton et les 3 postes à pourvoir au CAFEP ont été pourvus.

La bourse Skoazell
C'est en 2009 que la région Bretagne, en concertation avec l'académie de Rennes, a mis en place la bourse "Skoazell" à l'intention des étudiants qui veulent s'orienter vers les métiers de l'enseignement du breton. Cette bourse peut être attribuée à ceux qui détiennent une licence ou tout autre diplôme leur permettant de passer le concours de l'enseignement bilingue français breton. Elle s'adresse aux étudiants qui vont suivre leur formation à l'IUFM (pour l'enseignement public), Kelenn (pour le réseau Diwan) ou l'ISFEC (pour l'enseignement privé catholique).
80 bourses ont été budgétées par la région pour l'année 2011-2012. Tous les étudiants qui l'ont demandée ont été agréés et l'ont obtenue : ils sont au nombre de 23. Une deuxième session est prévue en août.

Commentaires
La première remarque qui s'impose sur le cru 2011 est que plus du tiers des postes de PE (instituteurs) bilingues mis au concours (public, privé et Diwan confondus) n'ont pas été pourvus : sur un total de 24 postes annoncés, 15 candidats ont été admis et 9 postes n'ont donc pas été pourvus.
En 2010, le total des postes mis au concours était de 38 et le nombre d'admis avait été de 27. Le nombre de postes perdus s'élevait à 11, se répartissant entre enseignement public et enseignement privé catholique.
Pour 2011, on reste donc dans la moyenne d'une dizaine de postes perdus chaque année depuis 2006, à la différence près que c'est l'enseignement public seul qui ne parvient pas cette année à pourvoir tous les postes mis au concours. La situation n'évolue donc absolument pas sur ce point. Or, on se trouve dans un contexte de pénurie, puisqu'on manque d'enseignants en breton.
Une amélioration est-elle envisageable ? Dans l'immédiat, ce n'est pas du tout certain, puisqu'à la prochaine rentrée, il ne devrait pas y avoir plus d'une douzaine d'étudiants en master 2 de Professeur des écoles bilingue à l'IUFM de Saint-Brieuc, quand les besoins sont chiffrés à 20 postes pour l'enseignement public uniquement. Au total, 44 postes (couvrant les 3 réseaux : public, privé, Diwan) ont été demandés pour la rentrée 2012.
Par ailleurs, le nombre d'étudiants ayant sollicité et obtenu la bourse Skoazell est relativement faible jusqu'à présent, puisqu'il n'y en a que 23. En 2009, ce sont 30 étudiants qui l'avaient obtenue, et 40 en 2010. Une nouvelle session est cependant prévue en août : le nombre de bourses qui seront finalement attribuées devrait donc augmenter d'ici à la rentrée universitaire. Mais alors que la région prévoit de financer jusque 80 "Skoazell", il serait surprenant que cet objectif puisse être atteint : ce sont les candidats qui manquent, pas les crédits. Entre les deux universités de Brest et Rennesd 2, le nombre total d'étudiants inscrits en Licence 3 pour l'année 2010-2011 s'élevait à 78 (dont 60 % inscrits en non-assidus à l'Université de Rennes 2) : il est évident que tous ne vont pas vouloir s'orienter vers les métiers de l'enseignement.
À moyen terme, la situation reste inquiétante : ce que j'ai caractérisé comme "la fracture bretonne" dans mon rapport au recteur d'Académie risque de perdurer. L'enseignement du et en breton ne peut se développer s'il n'y a pas assez d'enseignants. Il devient urgent de consolider cet enseignement dans le secondaire, de motiver les lycéens et étudiants à l'égard des métiers de l'enseignement en breton, de créer un environnement favorable, de promouvoir la langue bretonne de manière beaucoup plus dynamique.