J'ai été contacté depuis Londres la semaine dernière par une productrice d’Al Jazeera English, chaîne d’actualités 24/24, qui souhaitait faire un reportage sur la langue bretonne. Ce reportage entre dans une série sur les langues rares : d'autres sujets sont prévus sur l'araméen, le wichita (une langue amérindienne des États-Unis), le laz (une langue de Turquie), etc.…
El_Jazeera_1L'équipe est arrivée hier en fin d'après-midi à Quimper, où elle a suivi les émissions en breton de la soirée sur France Bleu Breiz-Izel. Ce mardi, elle a passé la matinée au collège Diwan du Relecq-Kerhuon. Cet après-midi, elle devait se rendre à Plougastel-Daoulas, avant d'aller à Vannes filmer "ar redadeg", la course pour la langue bretonne qui se déroule en ce moment.
Les interviewes étaient assurées par Estelle Youssouffa, la correspondante de la chaîne Al Jazeera pour la France et Christophe Obert comme cameraman. Elle se souvient d'être venue enfant en Bretagne et d'avoir entendu des femmes âgées en costume traditionnel parler le breton. Aujourd'hui, elle voulait comprendre comment se manifeste le renouveau de la langue bretonne qu'elle juge impressionnant, alors que disparaissent les locuteurs âgés. Elle est surprise de la dynamique festive et militante dont bénéficie le breton et se demande comment le breton peut-il redevenir une langue au quotidien.
J'ai répondu à ses questions dans les locaux d'Emgleo Breiz à Brest. L'interview portait sur l'histoire récente et sur la pratique actuelle de la langue bretonne, que j'ai pu mettre en perspective La première question – classique - portait sur le nombre de bretonnants : j'ai indiqué que, d'après les résultats du dernier sondage, il y en avait 172 000, mais que ce nombre avait diminué de 30 % au cours des dix dernières années. Nous avons parlé aussi de l'intérêt que suscite la langue bretonne aujourd'hui.
L'équipe d'Al Jazeera English avait l'air très heureuse de l'accueil qui lui a été réservé en Bretagne. La ligne éditoriale de la chaîne, précise Estelle Youssouffa, est de parler aussi des minorités et de faire entendre des voix qu'on n'entend pas. La France, ajoute-t-elle, n'est pas un stéréotype comme on peut le croire trop souvent à l'étranger.
Le reportage, d'une durée de 3' environ, devrait être diffusé dans les prochains jours.