P1120116_H_MJ’écrivais au début de cette semaine que la langue bretonne serait l’un des enjeux des prochaines élections régionales, J’en ai encore eu la confirmation ce soir à Carhaix où la liste « Europe Ecologie Bretagne » menée par Guy Hascoët organisait un forum « Langue et création culturelle ».
Le forum a débuté en breton, mais de manière assez classique s’est assez vite poursuivi en français. Le constat présenté par Annaig Le Gars s’appuyait sur les résultats du dernier sondage que j’ai piloté sur la pratique du breton : ces résultats sont effectivement à la disposition de tous. « Il y a urgence, a-t-elle dit, mais nous ne partons pas de rien » : la langue bretonne dispose aujourd’hui d’une reconnaissance officielle et d’un réel effort budgétaire.
Mais le prochain mandat, déclarait encore la candidate, doit être celui d’un sursaut qualitatif. La priorité absolue, c’est de former plus de locuteurs : il faut pour cela « un changement de braquet ». A. Le Gars s’est prononcée pour la mutualisation des moyens, pour un projet de pôle audio-visuel en langue bretonne qui s’appuierait sur le service public de France 3, mais songe à demander au CSA une chaîne en langue bretonne sur la TNT.
Mona Braz, tête de liste en Côtes d’Armor, a regretté le manque de volonté politique (sous-entendu de la majorité sortante)P1120106_Export pour aller au-delà du déclaratif en matière de politique linguistique. Elle n’exlue pas « d’aller au bras de fer » d’autant plus que la prochaine mandature pourrait n'être que de 4 ans (selon les dispositions de la réorganisation territoriale en cours de débat).
Ces déclarations m’ont conduit à demander qui, parmi les différentes listes se présentant aux régionales, aspirait à devenir le mieux-disant ou le plus-disant pour ce qui est de la langue bretonne. Ou faut-il faire preuve de réalisme ? Y a-t-il concurrence à gauche en matière de politique linguistique ?
Guy Hascoët, la tête de liste régionale de  « Europe Ecologie Bretagne », déclare sur ce point : « soyons lucides. » Mais il faut, dit-il, établir un rapport de force pour accélérer le changement. Il veut « une évolution forte », basée sur le principe de la subsidiarité.
Plusieurs intervenants dans la salle ont pris la parole, au sujet de l’enseignement du breton en zone rurale par exemple ou concernant les écoles Diwan, qui reconnaissent avoir bénéficié de progrès ces dernières années, mais demandent des moyens pour développer l’usage social de la langue en dehors des cours et diverses autres mesures.
J’ai entendu ce soir des déclarations plutôt volontaristes. Mais quand je suis allé ensuite consulter le site de « Europe Ecologie Bretagne », j’ai quand même été un peu surpris : il n’y avait aucune page en breton. Il est vrai que la campagne des régionales commence à peine…
Le site : http://bretagne.regions-europe-ecologie.fr/