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Le blog "langue-bretonne.org"
30 juin 2009

La Bretagne Linguistique

Bretagne_linguistique_14Il y a près d’un quart de siècle paraissait le premier numéro d’une revue qui s’intitulait “La Bretagne Linguistique”, qui se présentait comme un point de rencontre entre linguistes “de bonne volonté, c’est-à-dire animés d’une commune volonté de travailler, efficacement et sereinement, sur la matière des pays celtiques et de la Bretagne,” incluant l’expression en gallo. Treize numéros en avaient été publiés, dont les actes de deux colloques de sociolinguistique organisés à Brest par Jean Le Dû et Yves Le Berre. Le précédent numéro paru, en 2004, traitait de dialectologie et géolinguistique.
Disons que la revue s’était quelque peu assoupie depuis une dizaine d’années. Mais une équipe rajeunie d’enseignants-chercheurs a pris le relais au département de breton et celtique de l’UBO et au Centre de Recherche Bretonne et Celtique (CRBC). Sans exclure leurs devanciers, Nelly Blanchard, Ronan Calvez, Daniel Le Bris et Mannaig Thomas ont rédigé un nouveau manifeste, dans lequel il proclament leur intention “de recréer un espace d’échange collectif autour des pratiques et représentations linguistiques en Bretagne”. Leur objectif est d’engager une réflexion sur la langue bretonne (que ce soit en linguistique ou en littérature) et sur les autres langues pratiquées en Bretagne (gallo, français, et autres). Des journées d’études sont organisées périodiquement depuis la rentrée universitaire 2007.
Comme en atteste Jean-François Simon, le directeur du CRBC, dans sa présentation, cette démarche s’inscrit dans le nouveau projet “plus que jamais pluridisciplinaire” élaboré par le laboratoire en vue d’obtenir sa labellisation par le CNRS. Différentes commissions d’évaluation du CNRS en ont reconnu la légitimité scientifique, mais le CRBC n’a cependant pas obtenu la reconnaissance administrative escomptée. On imagine bien la déception des chercheurs et enseignants-chercheurs du laboratoire, d’autant que le CRBC va fêter ses 40 ans d’existence en septembre prochain. Mais la réflexion engagée à l’occasion de l’élaboration de de projet a eu au moins un résultat positif : le CRBC est devenu une unité de recherche multisites, puisqu’il intègre désormais les universitaires de Rennes et de Paris travaillant sur le même objet. La coopération entre celtisants brestois et rennais devrait logiquement se développper.
Dans cet esprit, le numéro 14 de La Bretagne Linguistique qui vient de paraître propose 14 communications, les unes plus proprement linguistiques, les autres plus orientées vers la littérature, avec de nombreuses imbrications vers la sociolinguistique. Il n’est pas aisé de présenter en détail le contenu de ces diverses communications. Je propose donc en fichier attaché le  sommaire de ce nouveau numéro, qui veut “marquer une nouvelle étape dans le développement des études bretonnes” et qui devrait intéresser un large panel de lecteurs.
Sommaire du n° 14 de La Bretagne Linguistique : La_Bretagne_Linguistique_14
Contact : La Bretagne Linguistique, CRBC, 20 rue Duquesne, CS 93837, 29238 Brest cedex 3
Site : www.univ-brest/fr/recherche/laboratoire/CRBC

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Commentaires
A
Pour répondre à Jakez :<br /> <br /> 1 - Sur ce qui et risible et ce qui ne l'est pas, ...<br /> 2 - «Mais Alwenn reconnaît qu'il raisonne sur la base de clichés ...» Ah, bon ! Où ça ?<br /> 3 - «dans certains milieux (nationalistes ?)» - Il faudrait faire une étude sur l'utilisation du mot «nationaliste» dans le débat «breton» par certaines personnes ! Je doute qu'on puisse proposer une telle étude aux étudiants brestois. Ce serait comme demander à son pied droit de marcher sur son pied gauche !<br /> 4 - «ni ce que représente l'enseignement du breton à l'UBO ni la nature des recherches qu'y mènent les universitaires "brestois".» : il ne tient qu'à eux de le faire savoir, et notamment comment ils se situent par rapport à l'alternative que j'ai posée. Quels sont leurs ouvrages sur ce qu'ils souhaitent pour l'avenir du breton et sur les moyens d'y parvenir ? Je n'en ai trouvé aucun. <br /> 5 - «ont formé des dizaines de bretonnants» : ils sont payés pour cela, il me semble ! On a les chiffres régulièrement pour l'enseignement bilingue jusq'au bac, mais après le bac, à l'université ?<br /> 6 - «en leur fournissant les outils de la méthode» : c'est là qu'il faudrait être explicite et développer sur ce qu'est cette méthode.<br /> 7 - «comprendre et analyser le contexte» : «comprendre « et «analyser», c'est bien, mais ça ne répond pas au problème que je pose, où plutôt, ça semble correspondre à la 2ème partie de l'alternative : «on considère que cette langue va (doit) mourir».<br /> 8 - «Faut-il pour cela comparer» : qui a peur des comparaisons ?<br /> 9 - «le breton n'a pas attendu les préconisations de Alwenn pour être une langue "civilisée"» : J'ai parlé du «statut "social" de langue "civilisée"». Toute langue est «civilisé», mais certains pensent que certaines sont plus civilisées que d'autres, et vous savez bien que c'est le cas en france où la seule langue ayant un statut social de langue «civilisée» est le français, les autres langues étant méprisées (et ont fini même par l'être par leurs propres locuteurs, avec les conséquences que l'on sait.)<br /> Quels sont les ouvrages qui traitent de ce problème et des manières d'y remédier ? Quelles actions ont été faites ?<br /> 10 - «Sa langue "civilisée" ne serait pas un peu élitiste ?»<br /> Ma langue «civilisée» est une langue dont les locuteurs sont fiers et qu'ils transmettent aux générations suivantes.
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F
On aimerait simplement savoir si, à Brest, il sera possible pour tout étudiant d'obtenir des heures de breton sur son emploi du temps. J'ai eu l'occasion de lire sur un quotidien local qu'une convention avait été passée avec la région et qu'une période de trois ans allait s'ouvrir au-cours de laquelle serait développé l'accès au breton pour tous ceux qui le désirent. Les universitaires brestois ne semblent pas enjoués à l'idée de faire part de ces ouvertures, on ne les entend guère à ce sujet, la réforme des enseignants chercheurs les aurait galvanisés à ce point ??? (cf webnoz à sked où pas un mot n'a été dit sur cette convention alors même que le breton était au centre du débat)
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J
Un tel manichéisme est plutôt risible. Mais Alwenn reconnaît qu'il raisonne sur la base de clichés qui ont couru (et courent apparemment toujours) dans certains milieux (nationalistes ?) sans savoir vraiment ni ce que représente l'enseignement du breton à l'UBO ni la nature des recherches qu'y mènent les universitaires "brestois". Je me demande d'ailleurs pourquoi écrit-il "brestois" entre guillemets, comme si on pouvait mettre en doute leur enracinement à Brest (et donc en Bretagne).<br /> Ces universitaires "brestois" sont aussi bretonnants que n'importe qui et ont formé des dizaines de bretonnants en leur fournissant les outils de la méthode pour comprendre et analyser le contexte dans lequel se trouve effectivement la langue bretonne et leur donner ainsi le moyen de s'insérer et d'intervenir en breton dans le cadre de leur vie professionnelle.<br /> Faut-il pour cela comparer la situation du breton à celle du chinois ou à celle de l'allemand au temps de Goethe ? Pourquoi pas ? Mais le breton n'a pas attendu les préconisations de Alwenn pour être une langue "civilisée", terme polysémique au demeurant. Sa langue "civilisée" ne serait pas un peu élitiste ?
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A
Disons qu'on peut pour le moins s'interroger d'abord sur le sens de l'activité d'universitaires "bretonnants" qui travaillent sur la langue bretonne, éventuellement avec la langue bretonne, sachant la situation dans laquelle se trouve cette langue.<br /> <br /> Il me semble qu'il y a deux choix possibles :<br /> <br /> 1 - soit on fait un travail consistant à élaborer les outils pour que cette langue puisse continuer à vivre et à se développer, et dans tous les pays, ou au moins dans beaucoup de pays, les intellectuels ont été ceux qui ont permis à la langue d'acquérir un statut "social" de langue "civilisée" ou de s'adapter au monde moderne (les exemples en Chine, au Japon, en Allemagne au temsp de Goethe, etc, sont très interessants à étudier).<br /> <br /> 2 - soit on considère que cette langue va (doit) mourir, et on se contente de faire ... je ne sais trop quoi.<br /> <br /> Je crois que les universitaires "brestois" ont plutôt choisi la seconde solution.
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M
"Ce qui en dit long, très long !"<br /> <br /> C'est à dire ?
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Votre blog est impressionnant autant sur le fond que sur la forme. Chapeau bas !
Un correspondant occitan, février 2020.

Trugarez deoc'h evit ho plog dedennus-kaer. [Merci pour votre blog fort intéressant].
Studier e Roazhon ha kelenner brezhoneg ivez. Miz gouere 2020. [Étudiant à Rennes et enseignant de breton. Juillet 2020].

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