photoblog09Comme bien d'autres médias, Le Télégramme, ayant modifié sa ligne éditoriale pendant la saison estivale, reprend ses habitudes, et donc la publication de sa page "Spered ar vro" - plusieurs traductions possibles : optons pour "l'esprit régional". Il s'agit d'un rendez-vous hebdomadaire que le quotidien fait paraître le jeudi. Les 2/3 de cette page sont en breton, le reste est rédigé en français.
L'article principal est un papier signé de Gilles Pennec. Il propose pour sa reprise un portrait de la comédienne (bretonnante) Aziliz Bourgès, sous un angle original : elle est présentée comme une jeune maman qui ne parle que le breton à son fils de 18 mois. "Deut mat out war an douar", lui avait-elle dit à sa naissance, à la surprise du personnel médical : "tu es le bienvenu sur terre !".
Aziliz n'est pas la seule à élever aujourd'hui ses enfants en breton. C'est dans les années d'après-guerre que les parents avaient cessé de le faire, comme j'ai pu le mettre en évidence dans ma thèse : c'était alors "le grand chic" de leur parler le français.
Deux générations plus tard, le contexte n'est plus le même. Pour autant, faire aujourd'hui le choix de ne s'adresser à ses enfants qu'en breton n'est pas si simple : Aziliz ne voulait surtout pas que son fils soit perçu comme un Mohican ! Mais c'est un choix désormais plus facile à assumer et mieux compris socialement même si, reconnaît-elle, il reste des réticences nettement perceptibles.
La jeune maman s'organise pour que le breton soit aussi la langue qu'elle utilise au travail : elle se réoriente sur le plan professionnel, pour devenir documentaliste à Diwan et se consacrer à l'écriture. Elle est en tout cas convaincue de l'intérêt du plurilinguisme dès le tout jeune âge. Et, déclare-t-elle à Gilles Pennec, "nier une langue, c'est rejeter les autres". Avec justesse, non ?

Pour ceux qui ont l'habitude de la lecture en breton, l'article est accessible. Un résumé en français et un petit lexique peuvent représenter une aide pour les autres. Deux remarques cependant, sur la forme. On retrouve deux fois exactement la même expression dans les deux phrases du chapeau de l'article. Les césures en fin de ligne ne sont pas toujours adéquates.