photoblog44  Comme tous les ans, la presse magazine s'intéresse à la Bretagne en cet été 2008.

"L'Express" a ainsi tenu, dans son numéro du 27 juillet 2008, à souhaiter à ses lecteurs "Bienvenue chez les Bretons" : pourquoi pas ? Au sommaire : une interview de l'historien Alain Croix, une pincée de gastronomie, une recension des clichés concernant la Bretagne.

Le dossier s'ouvre sur un point de vue de l'écrivain Kenneth White, venu d'Ecosse s'établir à Trébeurden : s'interrogeant sur les rapports entre l'universel et le local, il déclare n'être pour autant pas concerné par un quelconque atavisme celte et qu'il ne se "complaît pas dans une idéologie identitaire". Il reconnaît par ailleurs qu'il ne maîtrise pas "le code armoricain" puisqu'il ne parle pas le breton, mais avoue avec une pointe d'humour (écossais ?) que les mouettes qui survolent son toit ont "fini par [lui] apprendre le goélandais". Utile pour la météo.

Dans un pidgin très tendance, "L'Express" nous demande "Do you speak brezhoneg ?" et propose un lexique d'une vingtaine de termes bretons. En un bon condensé d'une demi-page, Boris Thiolay fait le point sur l'usage de cette langue, tout en se demandant si elle n'est  pas "en sursis".

"Historia" aussi se met aux couleurs de la Bretagne, avec dans son n° 740 un dossier sur "l'âge d'or d'une région si convoitée" et les contributions illustrées de plusieurs historiens sur l'histoire de Bretagne jusqu'en 1532. La revue s'ouvre quelque peu à l'actualité au travers d'un débat "capitale" : pour Gauthier Aubert, la capitale de la Bretagne c'est Rennes ; pour Thierry Guidet, c'est Nantes. Autant dire que le débat est loin d'être tranché.

"Historia" se croit obligée d'énoncer une lapalissade : "une langue régionale n'est, selon nous, qu'une… langue régionale". Dans les deux pages qui traitent de la langue bretonne comme signe d'une forte identité, il n'est question que de sa situation actuelle : aucune mise en perspective historique, ce qui est une lacune un peu grave pour une revue d'histoire. Les langues aussi ont une histoire (interne, mais aussi externe), et "Historia" ne le sait pas.

Il est vrai que dans un autre article, intéressant, de ce même numéro présentant les nouveaux acquis de la recherche sur "Nos prétendus ancêtres les Gaulois", il est certes question de la romanisation de la Gaule, mais aucun éclairage non plus sur un changement  qui n'a quand même pas été anodin : la substitution du latin, puis du roman au gaulois (sauf en Armorique, devenue depuis la Bretagne).